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3,52 % du PIB : Coût annuel de dégradation de l’environnement au Maroc

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L’étude d’Evaluation du Coût de la Dégradation de l’Environnement (CDE)[1] engagée par le Ministère de l’environnement en coopération avec la Banque Mondiale a pour objectif d’actualiser celle réalisée par ladite Banque sur la base des données de l’année 2000[2]. Ainsi, cette nouvelle étude vise à déterminer l’évolution de la dégradation de l’environnement depuis plus d’une décennie (2000-2014), à identifier les secteurs sensibles appelant une protection de l’environnement plus soutenue, et à appréhender les effets des programmes engagés et les gains environnementaux qui en ont découlé.

Les résultats de l’étude de 2000 ont servi d’argumentaire à l’autorité gouvernementale chargée de l’environnement pour doter le pays d’une stratégie d’action globale de gestion dynamique de l’environnement sans pour autant compromettre l’effort de développement consenti par les pouvoirs publics en vue de satisfaire les besoins économiques et sociaux de la population.

La nouvelle étude a permis d’actualiser les coûts induits par la dégradation de l’environnement en 2014 selon trois niveaux : social, à travers la morbidité et la mortalité dues à la pollution de l’air et aux pratiques inadéquates d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène; économique, tel que les pertes de production des forêts et des terres de parcours dues aux défrichements; et environnemental, comme la réduction de la valeur récréative des plages causée par la dégradation du littoral.

Le coût de la dégradation environnementale pour la société marocaine a été évalué à près de 33 milliards DH ou 3,52 % du PIB en 2014[3]. La dégradation de l’eau et la pollution de l’air représentent les défis les plus importants.

Par ailleurs, les dégâts causés par les émissions de gaz à effet de serre à l’environnement global sont estimés, pour l’année 2014, à 1,62% du PIB.

Tendance à la baisse de la dégradation de l’environnement entre 2000 et 2014

La comparaison entre les résultats de l’étude de 2000 et celle de 2014 est complexe, car i) l’étude 2014 a bénéficié d’une disponibilité d’informations majeure par rapport à l’étude précédente, ce qui a permis l’évaluation desimpacts supplémentaires (par exemple, dans le chapitre consacré à l’eau, l’étude de 2014 a pu évaluer les coûts induits par la surexploitation des eaux souterraines, la perte de zones humides, la contamination de l’eau par le déversement d’eaux usées non épurées et la malnutrition; qui n’étaient pas couverts dans l’étude de 2000); et ii) la méthodologie a été affinée avec le temps.

Si nous excluons les impacts supplémentaires évalués en 2014, et nous ajustons les coûts des deux études aux prix constants de 2014, nous obtenons les résultats ci-dessous :

  • CDE 2000 (aux prix constantsde 2014) = 590 Dh /habitant
  • CDE 2014 (aux prix constantsde 2014) = 450 Dh /habitant
    • soit une baisse de plus de 20%

Cette réduction s’explique surtout par la baisse des coûts liésaux composantes eau et déchets municipauxdemanière spécifique, le coût de la dégradation de l’eau a baisséde 60% pour passer de 190 dirhams/habitant à 80 dirhams/habitant et ce grâce au programme National d’Assainissement liquide qui a nécessité un budget de 50 milliards de dirhams.

Le coût lié à la gestion inadéquate des déchetsmunicipaux a été réduit de moitié, pour passer de 80dirhams/habitant à 40 dirhams/habitant. Ceci reflète unemeilleure gestion des déchets municipaux au cours de la dernière décennie, grâce au Programme national de la gestiondes déchetsménagers et assimilés qui a été mis en œuvre ces dernières années avec un budget de 43 milliards de dirhams.

La dégradation des forêts, associée à un faible coût par rapportaux composantes susmentionnées, semble avoir considérablementbaissé de 5 dirhams/habitant à 0,3 dirhams/habitant

Les coûts liés à la dégradation des sols sont restés prochesaux estimations de l’étude 2000. Tandis que les coûts liés à lapollution atmosphérique ont légèrement augmenté. Ceciest en grande partie expliqué par la différence des polluantsmesurés et par la méthodologie appliquée.


[1] Croitoru, L. and Sarraf, M. (Eds.) 2017. Le Coût de laDégradation de l’Environnement au Maroc. Environnent and Natural Resources Global Practice Discussion Paper #5. Groupe de la Banque mondiale.
[2] Banque mondiale. 2003. Royaume de Maroc. Evaluation du Coût de la Dégradation de l’Environnement. Rapport No. 25992 – MOR. Bureau Régional Moyen-Orient & Afrique du Nord. Département Eau, Environnement, Développement Social et Rural.
[3]Le PIB courant de 2014 était de 924 milliards de DH (Haut-Commissariat au Plan 2015, Comptes nationaux provisoires 2014).

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