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BMCE Bank : «La RSE, c’est d’abord servir l’intérêt général»

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C’est l’une des expériences les plus documentées et les mieux réfléchies. Le périmètre RSE de la BMCE BANK est un cas d’école. D’abord, parce que son discours traduit une prise de conscience anticipée. Ensuite,  parce quele déploiement de ses outils sont en (permanence entrain d’évoluer) en permanente évolution vers un référentiel universel. Enfin, parce que ses résultats donnent du sens là  où il n’en existe pas beaucoup. Exploration.

 

Produit de la réflexion, le concept de la responsabilité est devenu un fait organisationnel et social à la BMCE Bank. La singularité de la démarche RSE au sein de cette banque relève d’abord de l’histoire. Privatisée en 1995, la BMCE a aussitôt lancé un chantier structurant : la fondation BMCE Bank pour l’éducation et l’environnement. L’instantanéité de cet engagement (fait ) fit écho aussi bien dans le marché qu’auprès des collaborateurs. Dès lors, l’histoire s’est accélérée. Chaque fois un peu plus vite, mais toujours dans le même sens.

Genèse de la philosophie RSE

La singularité de la démarche RSE de la BMCE Bank réside, ensuite, dans la combinaison des acteurs qui l’ont enfantée. Indéniablement, l’acteur de référence, ici,est le Président de la banque. Personnalité emblématique du monde des affaires, Othmane Benjelloun est l’archétype d’un leader transgressif, celui qui dérange et  change l’ordre établi.

Acte un : un engagement volontaire et volontariste s’installe depuis le sommet. La fondation que le Président lance en 1995 est à mille lieux de l’architecture institutionnelle et de la pensée managériale qui prédominait à cette époque. «Ceux qui ont le privilège d’exercer des responsabilités importantes dans le monde économique ont certes des droits, mais ils ont davantage encore des devoirs : le devoir notamment d’œuvrer –au-delà du cœur de leurs métiers- à la réalisation d’actions et de projets servant l’intérêt général de leurs concitoyens», souligne-t-il dans son rapport de la fondation BMCE BANK.

A date d’aujourd’hui, une prise de position similaire fait date. Elle octroie au concept de la RSE un relief exigeant et déterminé. En cela, le Président de la BMCE BANK rejoint ces grands dirigeants du monde que l’Histoire retiendra comme éclaireurs à l’instar d’un certain Kofi Annan, ancien Secrétaire général de l’ONU, dont cette citation résonne encore dans les tribunes internationales : «la mondialisation de l’économie implique la mondialisation de la responsabilité».

A y regarder de près, la philosophie du président de la BMCE Bank s’éloigne de tout déterminisme doctrinal[1] pour s’insérer presque dans une vision «positiviste» car soutenue par un mouvement de l’opinion et exprime certaines tendances collectives.

Acte deux : Kamal Benjelloun[2]. Cet anthropologue, lauréat de l’université américaine de Long Island (1987), n’est pas tout à fait étranger à cette œuvre. Sa touche est perceptible. Son intérêt scientifique pour l’environnement a dû influencer certains choix du groupe compte tenu de son militantisme écologique.

Acte trois, Leila Meziane Benjelloun[3]. Cette dame militante dans l’âme est le cœur battant de la fondation BMCE Bank et du projet Medersat.com. Son projet : élaborer un modèle pédagogique dans le monde rural débouchant sur des succès récurrents auprès des enfants issues de milieux défavorisés.

Plus que des déclarations d’intention

Il n’est pas inintéressant de constater, de prime abord, l’alignement entre le parti-pris stratégique de l’institution et ses pratiques et actes de management. Ainsi, la direction générale de la BMCE Bank cite expressément comme objectifs escomptés[4] de la RSE :

  • La réalisation de ressources porteuses d’un avantages concurrentiel durable et stratégique permettant l’atteinte d’une performance non seulement économique mais aussi sociale et environnementale ;
  • Le devoir d’exemplarité et de transparence
  • Le rôle spécifique et catalyseur que peut jouer le secteur financier dans la réalisation du développement durable».
  • Vision systémique : vers l’intégration des questions de la RSE au sein des stratégies
  • Préoccupation éthiques, sociales, environnementales, développement durable, citoyennes.

De l’analyse de ces objectifs, une ligne de pensée s’installe : la RSE à la BMCE BANK n’est pas une démarche charitable qui cherche à dédouaner son auteur et à lui conférer un surplus de respectabilité en terme d’image. C’est une démarche consciente, portée par des valeurs et déployée en tant que telle.

Jusque-là, on est dans le corpus des engagements et, donc, des intentions. Quid des mesures et des actes de management ?

Medresat.com : un laboratoire pour le ministère de l’éducation nationale

Le premier acte historique est la création de la fondation BMCE BANK Education et Environnement. Au-delà de la création, il y a le financement. Avec l’allocation d’un pourcentage du chiffre d’affaires de la banque à la fondation comme budget de fonctionnement, le Président du groupe donne un contenu concret à ses intentions.

A juin 2013, le bilan est impressionnant: 65 complexes scolaires (préscolaires et primaires) construits et équipés, 136 unités dédiées à l’éducation préscolaire construites et équipées, trois complexes scolaires construits et équipés au Sénégal, au Congo Brazaville et au Mali, Une Kasbah réhabilitée (Ait Hammou Ou Said) et transformée en école publique dans l’objectif de préserver le patrimoine architectural national et de promouvoir l’éducation en milieu rural. Voilà pour le côté infrastructure.

Côté soft, la fondation a planifié et mis en œuvre son ingénierie pédagogique avec notamment un curricula conçu et édité en langue amazigh, un centre de formation (s) des éducateurs du préscolaire à bouskoura (Casablanca). Tout cela au profit de 400 professeurs  formés et accompagnés par la Fondation et 14 000 élèves scolarisés et pris en charge (fournitures et manuels scolaires).

Dans ce chantier, le recensement des réalisations est d’autant plus parlant que les principes qu’ils desserrent sont en droite ligne des principes directeurs de l’OCDE, de la Norme ISO 26000, du Global Compact, de la déclaration de l’OIT. Nous sommes, en effet, dans un modèle de co-développement public-privé avec une intégration systématique des préoccupations liées à la réplicabilité du projet, son inclusivité, sa pérennité économique et la diffusion des impacts positifs auprès des riverains.

La Gouvernance : La garantie de la durabilité

Quels sont les organes de gouvernance, comment fonctionnent-ils et comment jugulent-ils le risque métier et de gouvernance ?

Le rapport de responsabilité sociale de BMCE BANK apporte une réponse précise à toutes ces questions et bien d’autres. Disponibles sur son site web sur les trois dernières années, ces rapports apportent une vision actualisée et bien documentée sur les différents domaines liés à la RSE. La Banque a pris le parti pris d’une construction éditoriale montrant toutes palettes de l’intervention de la banque dans ce domaine, en partant des principes et décrivant les réalisations.

«Au cœur du dispositif de bonne gouvernance, le Conseil d’Administration remplit pleinement son rôle, dans l’intérêt des actionnaires et de l’ensemble des parties prenantes», lit-on dans le rapport RSE de la banque. Il n’est pas anodin de noter que le Conseil d’Administration de la BMCE BANK est composé de 12 membres dont 8 Administrateurs non exécutifs, tant étrangers que marocains, dotés d’une expérience multidisciplinaire.

Un Conseil d’administration fort, mais aussi des comités pour soutenir le Conseil dans sa prise de décision. Le Comité de Gouvernance émet des avis et recommandations, sur la mise en place et le maintien d’une politique de bonne gouvernance. Le Comité d’Audit et de Contrôle Interne (CACI), Banque ou Groupe, assure un contrôle de 3ème niveau à travers les structures de la Banque et du Groupe.  Il a été institué au sein du CACI Banque, un sous- comité : le Comité de Surveillance des Grands Risques. Il se réunit régulièrement pour examiner les grands engagements (exposition supérieure à 5% des Fonds Propres).  Le dispositif de contrôle couvre plusieurs niveaux : le niveau opérationnel, où l’autocontrôle est exercé par les collaborateurs. Le Contrôle de 2ème niveau exercé par la nouvelle entité, instituée en 2011, le Contrôle Permanent & Compliance, en charge de la coordination et l’exécution des contrôles de 2ème niveau au sein de la Banque.

Parallèlement, la Banque déploie un processus de gestion des risque à travers un Comité de Risques Groupe qui s’assure de l’efficience du dispositif de pilotage des risques du Groupe et de son adéquation avec la politique de gestion des risques définie sur les volets risques de crédit, marché et opérationnels.Le Comité de Direction Générale, instance en charge de l’élaboration de proposition d’axes de développement et la mise en œuvre de la stratégie telle que validée par le Conseil d’Administration, est, par ailleurs, la colonne vertébrale des organes exécutifs. Ce Comité s’appuie également sur le Comité de Fonctionnement qui assure une mission de remontée et de partage de l’information et d’arbitrage de toute problématique liée au fonctionnement des activités de la Banque.

Histoire du rayonnement à l’international

«En 1999 déjà, on était prêt pour une certification 14001. Mais si la banque était prête l’environnement ne l’était pas encore», souligne Soraya Sebti, directrice du développement durable. En tout cas, la Banque n’a pas beaucoup attendu avant de revenir à la charge. En 2000 déjà, elle était la première signataire de l’UNEP Finance Initiative. L’Initiative (UNEP FI) des Nations Unies pour l’environnement est un partenariat mondial unique entre le Programme pour l’Environnement des Nations Unies (PNUE) et le secteur financier mondial.

Derrière cette signature se cachait, en fait, la volonté du groupe d’appréhender de manière structurée les impacts sociaux et environnementaux (S&E) sur la performance financière, autrement dit, développer et promouvoir les liens entre durabilité et performance financière.

Entre temps, la Banque s’est dotée des moyens de ses ambitions. Elle mit en place une direction dédiée au développement durable et a commencé à structurer son approche.  En 2010, la BMCE BANK a adopté les principes de l’Equateur. Autrement dit, la Banque doit s’assurer que les projets d’investissement financés par elle sont réalisés d’une manière socialement responsable et respectueuse de l’environnement. Ainsi, les effets négatifs sur les écosystèmes et sur les communautés affectés par le projet doivent être évités dans la mesure du possible, et, s’ils sont inévitables, doivent être limités, atténués et/ou compensés de manière appropriée.

Les Etablissements Financiers qui appliquent les Principes de l’Equateur (EquatorPrinciples Financial Institutions – EFPIs) sont, dès lors, obligés de respecter un certain nombre de principes. L’évaluation sociale et environnementale en fait partie pour les projets de catégorie A et B (gros risque) afin de déterminer les impacts et les risques sociaux et environnementaux (notamment en matière d’emploi, de santé et de sécurité) d’un projet envisagé dans sa zone d’influence. Pour satisfaire aux Principes de l’Equateur, il s’agira d’une évaluation adéquate, exacte et objective et d’une présentation des problèmes, réalisée par l’emprunteur, par des consultants ou par des experts indépendants. Selon la nature et la taille du projet, le document d’évaluation peut comprendre une étude d’impact sociale et environnementale complète, une évaluation limitée ou ciblée (par exemple un audit) ou la simple application des normes en matière de choix du site, de pollution, de conception et de construction. Une ou plusieurs études spécialisées peuvent également être nécessaires.

En 2011, BMCE Bank, dans le cadre des engagements pris lors de l’adoption en 2010 des Principes de l’Équateur (EP), a publié en ligne son premier rapport EP, mettant en exergue l’évaluation des impacts S&E des projets financés par la Banque et dépassant un seuil particulier d’engagements financiers. Ainsi, le processus EP a été appliqué au financement de trois parcs éoliens pour une production d’énergie globale de 200 MW, dans les régions d’Akhfenir, Foum el Oued, Haouma, avec un montant global d’engagements pour la Banque de plus de 500 MDH. Une première pour une banque marocaine et de la région Maghreb. La même année, UNEP FI a salué, dans son Rapport « Guide to Banking and Sustainability », l’approche Développement Durable de BMCE Bank la qualifiant d’exemplaire.

En 2012, le prix «Top Performer RSE Maroc» de Vigeo vient couronner la contribution de la Banque aux causes d’intérêt général à travers les activités de la Fondation présidée par Dr Leila Mezian Benjelloun ainsi que la stratégie environnementale de BMCE Bank à travers le déploiement du SEMS[5] et du SME. La même année, l’International Finance Corporation (IFC), filiale du groupe de la Banque Mondiale, a désigné BMCE Bank « Best in Class » dans la région MENA, récompensant les efforts entrepris pour la mise en place du SEMS en 2008.

Autre performance revendiquée par BMCE Bank : le Système de Management Environnemental (SME) certifié selon la norme internationale ISO 14001. Lancé en 2010, il a été audité, dès 2011, par le Bureau Véritas. La certification accordée atteste de la conformité du SME de BMCE Bank avec la norme ISO 14001 version 2004.

Une Finance responsable

Les résultats des indicateurs du tableau de bord du SME à fin 2011, illustrés ci-après par quelques exemples, confirment la dynamique d’amélioration continue du Système de Management.

BMCE Bank revendique avoir adopté une approche proactive du développement durable en recourant à des pratiques d’investissement durable et en développant activement ses produits et services «verts».

Dans son rapport RSE de 2011, il est fait mention d’une «vingtaine de projets qui ont été financés dans l’éolien, le transport écologique, le tourisme vert, et l’industrie verte totalisant un montant de DH 5,1 milliards soit l’équivalent de 571 MUS$».L’expérience dans ce type de financement a permis la montée en compétence dans le domaine du financement vert.

Par ailleurs, un nouveau produit, spécifique au financement de l’équipement a été commercialisé en 2012, permettant une meilleure efficacité énergétique. Il s’agit d’un Crédit Moyen Long Terme (CMLT), destiné à la clientèle entreprise sur la base de la réalisation d’un audit énergétique.

Dédié à la clientèle entreprise afin de l’accompagner dans l’amélioration de sa performance énergétique d’une manière durable et rentable et l’aider à anticiper les contraintes réglementaires et légales, ce produit sera le premier crédit d’investissement vert au Maroc, destiné à financer l’acquisition de matériel permettant la réduction de la consommation d’énergie.

Ce produit peut être subventionné par un organisme étatique ou pris en charge par le client et intégré au niveau du programme d’investissement.

Voilà donc une grande entreprise qui s’est résolument engagée dans la RSE et accepté, sans aucune contrainte, de rendre des comptes et demeure respectueuse du corpus et des référencements internationaux auquel elle a souscrit.

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1La théorie déterministe de la responsabilité a eu, dans le passé, des représentants parmi les purs philosophes (Spinoza, Stuart Mill).

[2]Fils de M. OthmaneBenjelloun

[3]Epouse de M. OthmaneBenjelloun

[4]Thèse de doctorat de Madame WafaChafai- Université de Mundiapolis.Les objectifs cités sontceuxdedel’Administrateur directeur général : MonsieurBrahimTouimiBenjelloun.

[5]Le SEMS (Social &Environmental Management System)permet de déceler, d’évaluer et de gérer tout risque
sociétal et environnemental (S&E) dans les opérations
de financement de la clientèle de la Banque. Il s’agit
d’un système interne de la Banque, intégré et adaptéaux procédures et aux besoins de chaque entité.

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