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Comment la RSE produit de la performance chez Managem ?

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Entreprise discrète, peuplée d’ingénieurs et de techniciens dont l’extraction du minerai meuble un quotidien rigoureux, Managem est un cas unique dans le paysage du développement durable au Maroc. A l’intégration de la RSE dans la stratégie s’ajoute une autre couche, aussi épaisse que la première : la recherche & développement. Parti d’un simple questionnement entre la relation du métier de la mine et celui l’industrie du recyclage, le management de Managem a développé dès le début des années 2000 une réflexion autour de la notion de la «mine urbaine»… Observant la capacité de ses usines hydro-métallurgiques à produire du sulfate de soduim, Managem a pu développer un procédé qui permet non seulement de fabriquer ce produit mais de couvrir l’ensemble du besoin de l’économie nationale… Entretien exclusif avec Mohamed Cherrat, Directeur des Ressources Humaines et de la Communication de Managem.

Votre observation sur la profusion des cartes électroniques contenues dans le matériel informatique dans le paysage urbain vous a conduit à réfléchir sur l’installation d’un projet intitulé «mine urbaine». Vous passez aussi facilement d’une vision d’un industriel-minier à celui d’un «aménageur» du parc électronique urbain ?

Cela devient facile à partir du moment où le développement durable (DD) est intégré comme composante majeure dans la stratégie d’entreprise. C’est à partir de ce moment-là que les actes du business s’associent naturellement à des préoccupations RSE et de DD.

Le projet de la mine urbaine est parti d’un simple questionnement autour de la relation entre le métier de la mine et celui l’industrie du recyclage. MANAGEM a, dès lors, identifié de nombreuses similitudes entre l’industrie du recyclage et le métier de la mine, surtout en matière de séparation de métaux.

Dans les centres urbains, en effet, les Marocains ont de plus en plus accès aux équipements électroniques.  La question du recyclage des appareils devient un enjeu majeur. Les cartes électroniques contenues dans les équipements sont riches en métaux précieux, ferreux et non ferreux. Dans un contexte mondial de pression sur les ressources naturelles, il nous semble tout à fait pertinent de prendre en considération un gisement encore non exploité et dont la fin du cycle de vie est en général l’enfouissement.

C’est pour ces différentes raisons que MANAGEM a décidé de monter en avril 2010 un projet de «mine urbaine » à dimension environnementale, industrielle et sociale.

Comment avez-vous pu établir des passerelles entre les deux métiers en terme de logistique, de collecte et de traitement ?

L’opérationnalisation a pu prendre forme quand nous avons commencé à travailler avec l’association Al Jisr dont l’une des missions est justement de réhabiliter le matériel informatique au profit de l’école marocaine. A présent, nous avons étendu cette démarche aux téléphones portables avec le concours d’un opérateur télécom marocain.

L’un des facteurs clés de succès de Managem réside dans le choix des partenaires. Nous nous dirigeons naturellement vers les partenaires avec lesquels il est plus facile d’implémenter une bonne synergie. C’est ce qui s’est passée avec Al Jisr. C’est ce que nous dupliquons dans toutes nos actions RSE.

Un autre exemple où le métier de la mine a été sollicité dans le cadre d’une vision de développement durable : le sulfate de soduim ?

Là-aussi, nous sommes, tout à fait, acquis à l’idée que l’intégration de la RSE dans la stratégie de l’entreprise est source d’une valeur ajoutée considérable.

Nous sommes partis d’un constat selon lequel nos usines hydro-métallurgiques génèrent d’importantes quantités d’effluents liquides riches en sels (sulfate de sodium, sulfate de magnésium…) alors que le Maroc importe la totalité de ses besoins en sulfate de sodium, utilisé notamment dans la fabrication de lessive.

Le centre de recherche de Managem, dirigé par M. Ismail AKALAY, a planché sur cette question et a pu développer un procédé de traitement de ces effluents pour les transformer en sulfate de sodium et en eau distillée, technique basée sur le principe de cristallisation, qui elle-même, est très peu énergivore.

Résultat, la production de Managem couvre désormais la totalité du besoin de l’économie nationale en sulfate de soduim. Ce qui n’est pas sans incidence positive sur la balance commerciale d’un côté, et l’impact du transport de ce produit sur l’environnement, de l’autre. Mieux, l’eau distillée, récupérée est réinjectée dans l’usine.

Voilà comment l’intégration de la notion de développement durable dans la stratégie de l’entreprise est à même d’apporter non seulement un impact positif sur le plan environnemental (élimination des bassins d’évaporation et par conséquent des risques environnementaux)mais aussi génère des activités créatrices de richesses: économie de 200.000 m3 de consommation d’eau par an,génération de 10% de chiffre d’affaires supplémentaire pour l’activité cobalt et spécialités…

Quid des rejets pyrrhotine ?

Notre philosophie d’un développement intégré, là aussi, nous a conduit à installer une usine pour la valorisation et le traitement des déchets pyrrhotine. Outre l’évitement des déchets et leur intégration dans l’environnement, cette usine nous permet également de produire de l’acide sulfurique. Substance indispensable au fonctionnement de plusieurs process industriels, l’acide sulfurique était une matière intégralement importée pour les besoins du groupe Managem.

Nous pouvons constater, en effet, que la démarche de développement durable produit un cercle véritablement vertueux. Outre l’acide sulfurique, cette usine produit également de l’Oxyde de fer, un produit très demandé sur le marché industriel. Du reste, les Égyptiens utilisaient des oxydes de fer pour créer la couleur rouge quand ils gravaient des hiéroglyphes et l’imagerie médicale de résonance magnétique nucléaire utilise des oxydes de fer comme produit de contraste.

Enfin, cette usine génère désormais de l’énergie propre alimentant directement le complexe industriel de Guemassa et le processus génère Zéro déchets.

En parlant d’énergie propre, les sites industriels de Managem consomment énormément d’énergie «grise» ?

La réflexion autour de cette problématique a démarré en 2010 déjà. En 2013, Managem a donné le premier coup d’envoi à l’opérationnalisation d’une orientation vers l’alimentation électrique d’une partie de ses exploitations à partir de quelques parcs éoliens. Des démarches sont en cours pour élargir l’introduction d’autres exploitations dans la consommation de l’énergie électrique à partir des éoliennes.

Managem est tout à fait consciente de l’impact positif du développement durable par la consommation de l’énergie propre à partir des éoliennes. Cela, non seulement, réduit les émissions des gaz à effet de serre mais sécurise l’approvisionnement d’une partie de la consommation tout en offrant une maîtrise de la facture d’énergie électrique des différentes exploitations.

Cela conduirait-il Managem à établir un ensemble de contrat avec des fournisseurs d’énergie propre ?

Tout à fait. Managem a d’ores et déjà signé un contrat avec la filiale Energie Eolienne du Maroc (EEM) de Nareva Holding pour la fourniture d’énergie électrique à partir des parcs éoliens des exploitations alimentées en 60KV à savoir : CMG HAJJAR, CMG DRAA SFAR, SMI IMITER et AGM AKKA.

La fourniture effective de l’énergie éolienne d’EEM pour les exploitations de MANAGEM a démarré en avril 2013 pour SMI IMITER et CMG DRAA SFAR, en mai 2013 pour AGM AKKA et en juin 2013 pour CMG HAJJAR.

La consommation globale en 2013 des exploitations MANEGEM ayant adhéré à ce programme de fourniture d’énergie éolienne est de l’ordre de 173 805 023 KWH, dont 108 961 761 KWH qui représente 63% de la consommation fournie par EEM de NAREVA et 64 843 262 KWH qui représente 37% fournie par l’ONEE.

Comment a évolué la consommation d’énergie électrique sur les  8 dernières années chez Managem ?

La consommation d’énergie électrique des exploitations de MANAGEM au MAROC durant les HUIT dernières années (2006 à 2013) est passée de 207 millions KWH à plus 290 millions KWH soit une augmentation d’environ 40%, la facture correspondante est passée quant à elle de 134,6 millions DH à 232,8 millions DH.

Cette augmentation de la consommation d’énergie électrique s’explique par le démarrage au niveau national des nouvelles mines et unités de production à savoir TIGHARDINE, BLEIDA, AMANSIF, OUANSIMI, OUMEJRANE, unité de production de l’ACIDE de CTT GUEMASSA et le démarrage à l’international de la mine de BAKOUDO au GABON, l’unité de LUBUMBASHI au CONGO (RDC) et l’unité de la près production à GABGABA au SOUDAN.

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