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Ceux qui pensent la RSE au Maroc

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Nous proposons un premier cru de « ceux qui pensent la RSE au Maroc ». Nous poursuivrons la publication des autres personnalités qui ont porté une attention particulière à cette notion de la responsabilité sociale et environnementale de l’entreprise au Maroc. Bonne lecture.

Abdesslam Aboudrar

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L’homme est, disons-le, l’un des premiers à avoir revendiqué la mise en orbite de la notion de la RSE dans le circuit patronal vers la fin des années 90. Après avoir épousé les thèses d’un certain Karl Marx et de Rosa Luxemburg, Abdesslam Aboudrar s’est reconverti au libre marché et en est devenu l’un des connaisseurs les plus avertis. Ses réflexions actuelles sont dans la pure tradition classique libérale. Sa posture doctrinale mérite d’être un peu plus approfondie. A propos de la financiarisation, il a cette formule qui renseigne un peu sur son goût de la régulation et de la responsabilité: «la financiarisation est un nouveau type de féodalisation économique». Il empreinte à Adam Smith sa démarche. «Il ne doit y avoir ni égoïsme pur, ni altruisme dans l’acte entrepreneurial, dit-il, mais plutôt un intérêt propre éclairé (enlightened self interest)…

Rachid Filali Meknassi

Rachid Filali Meknassi

 

 

 

 

 

Universitaire, expert auprès du BIT, membre du directoire de Transparency Maroc, Rachid Filali Meknassi, est auteur de plusieurs publications dans les domaines du droit et de la sécurité sociale. Il a publié un papier qui fait date intitulé : «La réceptivité des entreprises à la RSE : quelques considérations à la lumière de l’expérience marocaine». Cette phrase que nous retenons de ce papier donne une indication pertinente sur le champ d’application de la RSE : «si l’on considère que la RSE s’épanouit d’abord dans les entreprises employant au moins 200 salariés, nous sommes donc en présence d’un taux de 1% des entreprises concernés par la RSE». Rachid Filali fait partie des défenseurs de l’intégration d’une vision droit-de-lhommiste au sein des entreprises.

Amina Benkhadra

benkhadra amina

Cette dame est typiquement le profil de haut commis de l’Etat qui réfléchit, se concerte et met en œuvre dans une articulation où la discrétion le dispute à la concertation. Durant son mandat à la tête du ministère de l’énergie, des mines, de l’eau et de l’environnement, elle a réussi à donner naissance au texte fondateur du développement durable au Maroc : la charte de l’environnement devenue la loi-cadre 99-12 portant charte nationale de l’environnement et du développement durable. En fait, c’est le projet de loi le plus révolutionnaire en matière de développement durable qu’ait connu le Maroc contemporain puisqu’il inscrit dans ses gènes des principes universels tels que l’intégration, la territorialité, la solidarité, la précaution, la prévention, la responsabilité et la participation. Avant qu’il ne voie le jour, Amina Benkhadra l’a soumis à une large consultation avec les parties prenantes.

Driss Guerraoui

driss guerraoui

 

 

 

 

 

«La responsabilité sociale et environnementale de l’entreprise n’est pas un discours, mais une exigence à la fois de survie et de compétitivité de l’entreprise». Le discours du Secrétaire Général du Conseil Economique, Social et Environnemental est pragmatique. Cet universitaire et fin politique a longtemps été confronté aux problématiques sociales. Driss Guerraoui arrive à recomposer le discours lié à la RSE grâce à une double dimension utilitariste et éthique. «La démocratie participative au sein de l’entreprise devient un levier majeur de sa propre compétitivité», dit-il. Et d’ajouter : «Le Maroc a besoin de gouverner autrement, à la fois l’entreprise et la société par la mise en place de contrats sociaux qui permettent aux citoyens de transformer l’économie et l’entreprise de l’intérieur».

Abdellah Nejjar

Abdellah Nejjar

 

 

 

 

 

 

Ce directeur de la qualité et de la surveillance du marché au sein du Ministère, du Commerce, de l’Industrie du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie numérique est une valeur sûre au sein de ce département. Président du comité miroir lors de l’élaboration de la norme ISO 26000 (2006 à 2011), cet homme affable est un parfait connaisseur de cette norme mais aussi des contingences de l’environnement entrepreneuriale marocain et des inerties qui empêchent une accélération du rythme et de la cadence d’implémentation de cette norme. Pour lui, le principal objectif de la norme ISO 26000 est la préservation de l’organisation. Pragmatique, Abdellah Nejjar considère avec des mots à peine voilés que l’ISO 26000 est un luxe dans un tissu industriel qui peine encore à adopter des certifications de management des organisations.

Miloudi Moukharek

miloudi moukharik

 

 

 

 

 

 

Ce syndicaliste pur jus, Secrétaire Général de la centrale syndicale la plus ancienne au Maroc, l’UMT, est un pragmatique. Normal, il côtoie la réalité des entreprises de l’intérieur. Il plante le décor, d’entrée de jeu, chiffre à l’appui : 63,7% des conflits qui ont été déclenchés au titre de 2012 sont dus à l’inapplication du droit du travail. Il continue : «ceux qui n’appliquent pas les lois, notamment les lois sociales, font de la concurrence déloyale aux entreprises citoyennes». Il faut l’avouer, dit-il, les multinationales viennent en tête des entreprises qui ont le souci de la RSE. Nous sommes pour le rayonnement d’une culture de la RSE au sein des entreprises, encore faut-il que celles-ci appliquent la loi et que l’Etat joue son rôle politique, surtout quand il s’agit d’un droit constitutionnel.

Abdelouahed Souhail

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Ex-ministre PPS de l’Emploi et de la Formation professionnelle du gouvernement Benkirane I, Abdelouahed Souheil dénonce à la fois le statut de cet entrepreneur, icône subliminale du capitalisme triomphant et la vision manichéenne considérant le capitalisme comme un système basé sur la confiscation de la plus-value et source totale d’inégalité. Il privilégie le modèle allemand basé sur la transaction comme modèle de contrat social. Il a plutôt tendance à adopter le modèle allemand où l’essentiel des problèmes est réglé entre les partenaires sociaux directement voire où les règles sur lesquelles a pu déboucher un dialogue social puissent se situer au-dessus de la législation. «Le SMIG de la RSE est le respect de la loi, ce qui n’est malheureusement pas toujours observé», affirme-t-il.

Fouad Benseddik

Fouad-Benseddik

 

 

 

 

 

Il a le sens du verbe et de la rhétorique, ce docteur d’Etat en sciences politique (Paris X) est la figure de proue de la RSE au Maroc. Ancien inspecteur général de la CNSS, il est l’auteur d’un ouvrage intitulé syndicalisme et politique au Maroc (de 1930 à 1956). Quand il a rejoint Vigeo en 2002, Fouad Benseddik a donné la peine mesure à une carrière à l’international. Directeur des méthodes et des relations institutionnelles de ce cabinet spécialisé dans le rating extrafinancier, Fouad Benseddik a été le promoteur de l’installation de ce cabinet au Maroc à partir de 2005. Grâce à son expertise, la CGEM a pu élaborer dès 2006 le label RSE de la CGEM. Aujourd’hui, Vigéo Maroc (est-il écrit sur le site web de Vigéo) est un partenaire de référence des dirigeants d’entreprise, des investisseurs et des gérants de capitaux ainsi que des associations professionnelles qui souhaitent intégrer la responsabilité sociale à leur stratégie et à leurs décisions.

Brahim Benjelloun-Touimi

brahim touimi benjelloun

 

 

 

 

 

Si rien ne nous renseigne sur l’épistémologie de la RSE à la BMCE BANK, l’Histoire demeure têtue devant les faits : lancer un projet d’école communautaire (Medresat. com) en 1999 tranchait avec les accents de mécénat que la communauté des affaires consacrait aux œuvres de bienfaisance ou à la promotion de l’art et de la culture. Dès le lancement de ce projet, la banque a émis un signal clairement établi: l’entreprise doit se saisir des problèmes de sa communauté. Quelques années plus tard, en 2004, et grâce notamment à l’anticipation d’un certain Brahim Benjelloun-Touimi (Administrateur Directeur Général Exécutif), la BMCE BANK était la première entreprise non européenne à obtenir un rating social par Vigeo au Maroc en matière de droits humains et d’engagements sociétaux. En 2015, la BMCE BANK est un cas singulier dans le paysage de la RSE au maroc.

Hamid Bouchikhi

Photo Professeur Hamid Bouchikhi

 

 

 

 

 

C’est l’un des plus illustres chercheurs marocains en stratégie et en management… basé en France. Cet ancien lauréat de l’Iscae, prix Richard Beckhard discerné en 2012 par le MIT Sloan Management Review, est l’auteur d’une quantité impressionnante d’ouvrages et d’articles scientifiques dans les plus prestigieuses publications de recherche en management. Sa réflexion sur le sujet de la RSE (au Maroc) est notamment marquée par sa capacité à produire une synthèse où les sciences de gestion côtoient harmonieusement une anthropologie locale offrant ainsi un cadre de dépassement des impératifs de l’universalité d’une part, et des spécificités locales d’autre part.

Karim Tazi

karim tazi

 

 

 

 

 

 

C’est la principale figure par laquelle la Confédération patronale a achevé sa conviction sur l’opportunité d’une action commune entre les hommes d’affaires et la société civile. C’est grâce à lui que la société civile (avec des personnalités d’extrême gauche comme Abdellah Zaazaa et Kamal Lahbib) a été accueillie avec tous les égards par les instances dirigeantes de la CGEM. Premier président d’une commission baptisée Entreprise et Proximité Sociale, il a amené de nombreuses entreprises à financer des initiatives d’associations de quartiers avec, à la clé, un rite symbolique majeur : faire accéder des jeunes de quartiers populaires à des entreprises naguère inaccessibles et offrir, d’autre part, aux entreprises l’opportunité d’assurer un transfert de savoir-faire à ces jeunes en matière de management de projets… Moulay Hafid Elalamy C’est sous son mandat de Président de la CGEM que l’organisation patronale a initié ce chantier structurant : le label RSE de la CGEM. Interviewés par nos soins, l’OCDE tout comme l’IOT y voient un modèle unique. Montrer la voie avec un label à la clé est un signal clairement établi sur le modèle à retenir : le label RSE de la CGEM a donc vu le jour. Mohamed Horani ensuite Meriem Bensalah Chaqroun, les deux Président successifs de la CGEM, ont poursuivi cette œuvre avec autant d’acharnement et de volontarisme. La nouvelle présidente, en exercice, Mme. Meriem Bensalah Chaqroun a déclaré dès sa nomination se mobiliser par « pour un changement qui consiste à conjuguer l’économique au social et qui préfigure un modèle marocain basé sur des particularités nationales au service d’une vision durable et pérenne ».


Hassan Chami

Hassan CHAMI

 

 

 

 

 

Sous ses airs un peu tranchants se cache un haut commis de l’Etat dont le sens du business va de pair avec un patriotisme économique raisonné. C’est sous son deuxième mandat à la tête de la CGEM que la vision d’un rapprochement entre la société civile et le patronat s’est installée avec, en toile de fond, un séisme qui ne dit pas son nom : les attentats terroristes du 16 mai 2003. Le représentant attitré de la communauté des affaires en sa qualité de président de la Confédération patronale, s’est trouvé en pole position et a vite saisi le message : cette violence n’est pas un acte isolé. L’entreprise serait tôt ou tard concernée. Son ouverture sur la société civile la plus active sur le terrain démontre une volonté de trancher avec les discussions de salon et d’adhérer à une mobilisation réelle et agissante. La RSE, nouvelle génération, allait voir le jour.

Driss Yazami

Driss El Yazami

 

 

 

 

 

 

Le CNDH a accéléré son exploration du périmètre du respect des droits de l’homme au sein des entreprises dès ce 26 juin 2011. Cela a coïncidé avec l’adoption par le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies d’une résolution définissant les principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’Homme. Ces principes constituent désormais un référentiel faisant autorité. Le CNDH a réalisé, depuis, de nombreuses rencontres afin de mieux circonscrire le débat sur les droits de l’homme et l’entreprise au Maroc. Le CNDH est-il une voie de recours pour les parties prenantes se considérant lésées par le comportement d’une entreprise ? Oui. En revanche, c’est sur la base d’une réclamation d’une partie tierce que le CNDH saisit à son tour les autorités de tutelle. Pour les puristes du marché, cela aurait été un péché absolu, il y a à peine quelques années.

Omar Benaicha

Omar Benaicha1

 

 

 

 

 

 

Il vient du monde de la certification qualité, ce directeur général du Bureau Veritas au Maroc (numéro deux mondial de la certification) est l’un des connaisseurs les plus avisés de la RSE. Doctorant en management sur une thématique RSE (ISCAE), ce quadra est l’un des mieux outillés en sciences de gestion aussi bien sur le plan théorique que pratique grâce à sa maîtrise de l’univers de la certification. Pour lui, la responsabilité économique du dirigeant est organiquement sociale dans la mesure où elle crée de l’émulation et favorise la montée des compétences. Mais, dit-il, la composante sociale de la responsabilité vient naturellement en deuxième position après la composante économique. En fait, Omar Benaicha est un défenseur de la théorie libérale de la RSE (carroll). Mais attention, dit-il, dans sa version améliorée, la théorie de Carroll opère un dosage entre la responsabilité économique, sociale, éthique et discrétionnaire. Dans son travail de recherche, M. Benaicha s’est appuyé en revanche sur la théorie néo-institutionnelle et celle des parties prenantes. Le débat, en tout cas, n’est pas clos là-dessus.

 

Kamal Lahbib

Kamal Lahbib

 

 

 

 

 

 

En analysant le discours de Kamal Lahbib, une idée revient en force : ce militant des droits de l’homme épouse la théorie des parties prenantes. «Il faut définitivement trouver un équilibre entre les notions de profit et celles de la force de travail», soutient-il. M. Lahbib évoque la notion de partie prenante pertinente en citant le dialogue de certaines entreprises avec leurs environnements. Mieux, «le coût du non dialogue avec les parties prenantes est exorbitant. On l’a clairement constaté après le 20 février», analyse-t-il. La clairvoyance de cet homme serein et visionnaire offre un cadre de réflexion où la place de la prospective l’emporte sur celle du constat pur et dur. Sur le modèle de contrat social qu’il affectionne, M. Lahbib a cette réplique: un contrat est un contrat, qu’il soit flexible ou non, mais il faut qu’il y ait suffisamment de conditions qui permettent aux parties prenantes de choisir. La RSE offre aussi un cadre dans lequel peuvent être traitées ces relations sociales complexes.

Mohamed Soual

 

Mohamed Soual

 

 

 

 

 

 

Cet homme affable, aujourd’hui Chief Economiste et conseiller à la présidence à l’OCP, a travaillé sur les problématiques liées à la RSE aussi bien dans la commission Ethique et bonne gouvernance de la CGEM (début des années 2000), présidée à l’époque par Rachid Belkahia, que dans le cadre du Centre d’Etudes et de Recherches Aziz Belal (CERAB). Mohamed Soual, ingénieur de formation ayant cumulé un vécu organisationnel important, notamment à la RAM, la CTM, le CIH et la CDG considère que la RSE doit être perçue et définie comme une politique générale participant à la performance de l’entreprise. Et d’ajouter, «La RSE offre aussi un cadre dans lequel peuvent être traités ces relations sociales complexes». A juste titre, Mohamed Soual a été le responsable scientifique de l’étude sur la grande transformation de l’OCP.

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