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Bmce Bank, CNDH, Managem et Cosumar : Les pionniers RSE de l’année 2014

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Qui sont les leaders de la RSE au Maroc en 2014 ? Qui sont les acteurs qui s’y sont démarqués et pourquoi ? Quels sont les écueils à éviter et les learning à retenir ? Nous publions dans cette première partie quatre acteurs publics et privés qui s’y sont le mieux illustrés. Nous reviendrons dans un second temps pour compléter la liste.

BMCE BANK : L’enfant prodige de la RSE

Parce que la RSE est d’abord un discours (au sens locutoire, illocutoire et perlocutoire au selon John Langshaw Austin[1]), la BMCE BANK est certainement la firme qui a le mieux porté ce discours durant l’année 2014. Ensuite, parce qu’en juin 2014, son président Othmane Benjelloun, a appelé la communauté bancaire à une démarche coordonnée en matière de RSE, à l’inclusion de la RSE dans la notation de Bank AL Maghrib, à la Co-construction  d’une démarche harmonisée en Afrique, à l’adoption de la GRI comme standard de reporting… Bref, il s’agissait là encore d’un discours qui a tranché avec la dimension exclusivement utilitariste : il portait une ambition plus grande, celle d’un leadership de la responsabilité au niveau de la région. Il faut certainement ajouter que la notion de prélèvement d’un pourcentage sur le Résultat Brut d’Exploitation de la profession bancaire pour des programmes de RSE est intellectuellement plus avancée par rapport aux déterminants de l’entrepreneuriat local. Dans ce bilan, l’aspect qualitatif est plus déterminant que celui quantitatif : dans le premier volet, nous retenons le premier rapport GRI (G4) produit par cette banque au Maroc en 2014 au titre de l’exercice 2013, dans le deuxième volet, nous retenons deux prix successivement gagnés au cours de la même année: le prix top performers de Vigéo et le Arabia CSR Awards. Une mention particulière à ce fin prospectiviste auprès de qui l’enjeu contractualiste est tout aussi important que la dimension psychologique qui le sous-tend : Monsieur Brahim Benjelloun Touimi, Administrateur Directeur Général. On est évidemment, là, au cœur de la problématique sur les parties prenantes.

Le CNDH[2] : un « régulateur » des droits de l’hommes dans la RSE
CNDH

Le CNDH serait-il à la RSE ce qu’est un médiateur est pour l’entreprise : un organisme qui écoute, observe et opère une veille permanente? En tout cas, le CNDH est tout à fait attentif au rôle et à la place des Droits de l’Homme au sein de l’entreprise. Chapitre fondamental de la norme ISO 26000, les droits humains trouvent désormais auprès de cette institution, au moins un «réceptacle» intelligible de doléances, au mieux un régulateur institutionnel tout à fait bien outillé en terme de référentiels, de documentations et de compétences. Cependant, sa mission est de transmettre les doléances reçues aux autorités compétentes et non de statuer dessus. La posture et la prise de parole du CNDH ne souffrent d’aucun flou de lisibilité. Si le CNDH a commencé à s’intéresser à cette passerelle entre droits de l’homme et entreprises dès juin 2011, date d’adoption par le Conseil des droits de l’homme à l’ONU des Principes directeurs relatifs aux entreprises, c’est à partir de la publication en juillet 2012 d’un nouveau rapport au titre évocateur[3] que le CNDH (comme tous acteurs qui s’intéressent à cette articulation droits de l’homme et entreprises) a pris acte de la nouvelle configuration institutionnelle qu’il lui incombe d’ailleurs de reformuler. Il n’est certainement pas démérité de saluer, dans ce bilan 2014, le travail de cette cheville ouvrière et l’une des rares spécialistes de la RSE au sein du CNDH : Madame Nabila Tbeur.

Managem : L’ingénierie de l’innovation au service de la RSE
managem

Consacrant pour la R&D un budget de plus de 1.5% de son chiffre d’Affaires, Managem dispose de 7 brevets d’invention et a pu réaliser plus de 21 unités industrielles grâce aux procédés développés dans son centre de recherche. Le budget de 35 millions DH déployé en 2014 pour financer sa politique RSE puise son articulation dans cette philosophie de R&D. Parti d’un simple questionnement entre la relation du métier de la mine et celui l’industrie du recyclage, le management de Managem a développé dès le début des années 2000 une réflexion autour de la notion de la «mine urbaine»… Observant la capacité de ses usines hydro-métallurgiques à produire du sulfate de soduim, Managem a pu développer un procédé qui permet non seulement de fabriquer ce produit mais de couvrir l’ensemble du besoin de l’économie nationale. En 2014, cette entreprise a remporté le prix top performers de vigéo et a participé à tous les forums sur la RSE avec toujours autant de pédagogie, d’humilité et de militantisme. Saluons entre autres la remarquable présence de Monsieur Kamal Fahmi, DRH à l’international et Président du groupe des entreprises labélisées de la CGEM.

Cosumar, l’infatigable cartographe des parties prenantes
cosumar

Celui qui rafle tous les prix de la RSE, toutes catégories confondues, n’a pas dérogé à la règle en 2014. Il a eu celui des top performers de Vigéo en 2014 et a brillé dans toutes les débats publics apportant son expertise et partageant son expérience.
C’est un secret de polichinelle, la RSE à Cosumar est déterminante. Elle recouvre même des allures de survie pour l’entreprise. Et pour cause, une sucrerie dans une région rurale entourée par des milliers d’exploitations et d’agriculteurs, généralement petits, est une grande fenêtre de productivité qui s’ouvre avec tout cela que induit comme effet d’entrainement : plus de revenus, amélioration de l’accessibilité aux équipements et engrais à couts réduits.
L’interdépendance s’installe rapidement d’où l’extrême importance de la vigilance quant aux impacts positifs et négatifs sur l’ensemble de la chaine de valeur. L’industriel facilite l’accès aux engrais, aux équipements et à l’irrigation d’eau, qui d’ailleurs ne sert pas uniquement à la betterave, mais toutes les autres agricultures qui se réalisent en parallèle ou en rotation avec la betterave. Dans cet enchevêtrement des relations et des intérêts, Cosumar joue aussi une carte maitresse : le préfinancement, autrement dit, la sécurité de commercialiser la récolte de betterave de l’agriculteur. C’est dire l’importance stratégique du dialogue permanent avec les agriculteurs.

Les Leaders de la RSE au Maroc

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[1] Professeur de philosophie morale à Oxford
[2] Conseil National des Droits de l’Homme
[3] Le rapport de l’Onu s’intitulait :«Contribution du système des Nations Unies dans son ensemble à l’avancement du débat relatif à la question des entreprises et des droits de l’homme et à la diffusion et l’application des Principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme»

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