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Le Reporting en 2017: ce qui n’est pas important aujourd’hui le redeviendra rapidement demain

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Il n’y a pas de temps à perdre. Les discours charitables doivent être évacués, et vite, au profit d’un discours privilégiant les impacts. C’est finalement de cela dont il s’agit.

Ces impacts doivent être documentés et adossés à des indicateurs qui en assurent la mesure de leur progression. Au demeurant, il n’est possible de gérer que ce qu’on mesure.

Il n’est pas exagéré de considérer que la non communication sur l’indicateur 201-1 des nouveaux standards GRI relatif à la valeur économique directe créée  pour une entreprise dont l’exploitation est basée sur les ressources naturelles est une moins value et une source d’une controverse latente.

Elles sont, en effet, nombreuses les entreprises dont le business est basé sur les ressources naturelles, et qui, en dépit des revenus distribués localement d’une manière directe et indirecte (coûts opérationnels, salaires et avantages sociaux, versement à la commune…) ne communiquent pas, d’une manière normée, sur cet aspect. Pourtant, les réalisations de ces entreprises sont parfois notables : externalisation, création d’emplois, aide à la création de coopératives, développement local…

A lui seul, cet indicateur parmi les 91 prévus par les lignes directrices GRI fournit suffisamment d’informations aux parties prenantes. Ici en l’occurrence, ce sont les riverains, les associations locales, les autorités locales et centrales (et parfois même à l’international) qui seraient intéressées par la communication sur cet aspect. Contrairement au cadre de référence SASB(1) qui identifie les problèmes de durabilité raisonnablement susceptibles d’être importants pour les investisseurs, celui du GRI fournit des informations à une grande variété d’acteurs, allant de la société civile aux investisseurs en passant par les clients, fournisseurs et collaborateurs. Sauf que dans le cas d’espèce, ne pas communiquer sur cet indicateur est potentiellement porteur de moins value pour l’investisseur. C’est dire que ce qui n’est pas a priori important pour l’investisseur peut rapidement le devenir dans un futur plus ou moins proche.

Dans une tribune publiée conjointement par le directeur général exécutif de GRI, Tim Mohin, et la PDG de SASB, Jean Rogers, en mars 2017, la notion de concurrence entre ces deux standards paraît comme une hérésie. «Les entreprises véritablement durables communiquent leur histoire aux investisseurs et aux autres parties prenantes dans les canaux de reporting appropriés et en garantissent la cohérence», soutiennent-ils.

Ce que dit ces deux dirigeants, outre le rapprochement de leurs deux cadres de références, est le suivant: la transparence des entreprises passe une exploration minutieuse des informations intéressant toutes les parties prenantes, et non seulement les unes au détriment des autres.

Dans les secteurs où la ressource naturelle constitue la matrice du business, cette transparence est davantage convoquée. Dans une analyse publiée en 2016, Abdellah Mouttaqi, Président de la Commission Environnement et Développement Durable du CESE, a souligné que «la gouvernance des ressources naturelles a évolué progressivement dans le temps pour répondre à des défis en perpétuel renouvellement ». Le défi le plus notoire, ici, est l’émergence d’une multiplicité des parties prenantes affichant des opinions de plus en plus marquées sur l’acceptabilité des projets.

Tim Mohin et Jean Rogers résument parfaitement cette émergence : «Le monde a besoin que les entreprises comprennent, réfléchissent et agissent sur une plus large gamme de préoccupations que celles soulevées par les intervenants financiers. Les préoccupations des parties intéressées sont souvent des indicateurs en avance sur leur temps de ce qui pourrait devenir financier pour une entreprise dans le futur».

Hassan Bouchachia
Expert en Reporting Extra-Financier
GRI Data Partner pour le Maroc


(1)SASB, créée en 2011, développe des normes pour la divulgation d’informations sur la durabilité matérielle aux investisseurs dans les documents obligatoires (informations financières). Les normes SASB, disponibles pour 79 industries, identifient les facteurs de durabilité matériels susceptibles d’avoir un impact sur la performance financière.
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