COP22 : Les Banques et les Mines au Maroc portent l’étendard de la durabilité

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Il y a un temps où les modèles économiques se réinventent. Celui de l’économie marocaine penche plutôt vers cette tendance quasi-irréversiblement.

En fait, et en dehors des initiatives individuelles portées par les entreprises marocaines à la COP22, et que nous n’avons pas la possibilité d’aborder ici, deux démarches sectorielles méritent d’être soulignées et saluées.

La première est celle du Groupement Professionnel des Banques du Maroc (GPBM). Le rhétorique juste du Président Othman Benjelloun évacue de facto toute tentative de surenchère : «nous sommes appelés à accélérer l’avènement d’un paradigme de croissance écologiquement viable, économiquement vivable et socialement responsable».

La formule du Président du GPBM dépasse la profession de foi. C’est le préambule aux six engagements solennels, et donc opposables, au nom de la profession bancaire. Et le premier d’entre eux en donne le ton : «adopter définitivement une démarche de développement durable, fondée sur l’intégration des enjeux Environnementaux Sociaux et de Gouvernance – ESG – dans l’exercice de nos activités de financement, d’investissement, de gestion d’actifs et de conseil».

Cette déclaration n’est pas anodine car le retour d’expérience mondial a montré que les logiques de développement durable s’installent durablement dans les marchés à partir du moment où les investisseurs institutionnels et le système bancaire le considèrent comme profitable.

Le deuxième engagement insiste sur une coopération internationale, régionale et continentale, qui privilégie l’utilisation de référentiels, de pratiques et de standards internationaux communs. Ce second engagement renforce tout de go la crédibilité du premier puisqu’il stipule l’adoption et l’intégration des normes internationales.

Cet aspect est crucial. Tout comme il est vain d’enclencher une dynamique organisationnelle pour que l’énergie consommée soit la plus rationnelle possible sans qu’elle soit fondée sur une norme (ISO 50001 par exemple) qui la documente et lui donne une comparabilité et les moyens d’une économie endogène, il est tout aussi vain de vouloir démontrer la feuille route de la durabilité pour ses parties prenantes sans que celle-ci ne soit portée par un Reporting ESG précis et transparent qu’un standard international (le Standard GRI par exemple) lui offre les moyens de dépassement de ses propres contraintes.

Profitable est aussi une terminologie retenue par la Fédération de l’Industrie Minérale dans sa communication rendue publique le 3 novembre dernier (projet de charte Climat, le Manifeste Climat et les 6 priorités). Cette profession à laquelle on associe l’image de pollueur sans que cela ne renvoie sur des évaluations circonscrites. C’est, entre autre, pour cette raison que cette profession a diligenté une étude pour la prise en compte des changements climatiques par le secteur minier.

Il a fallu s’y attendre, même si l’opinion publique ne retient pas forcément cette préoccupation : 100% des entreprises sondées dans le cadre de cette étude sont extrêmement sensibles aux changements climatiques avec toutefois une nuance en terme d’efforts dans l’adaptation et atténuation. Ainsi, si 62,5% des voix exprimées disent avoir adopté des initiatives d’adaptation, seuls 37,5% des répondants disent ne pas avoir apporté de solutions en matière d’atténuation au changement climatique. L’explication réside dans les investissements conséquents requis par les initiatives d’atténuation que les 62,5% des PME minières ne peuvent supporter et que seuls les Grandes Entreprises peuvent concéder, pour l’instant.

La profession minière qui retient la gestion des risques liées à l’eau, l’efficacité énergétique et la gestion des résidus comme les trois enjeux prioritaires liés au climat n’en omet pas moins de souligner l’importance d’un Reporting afin d’évaluer sa démarche dans le futur. «Les opérateurs miniers sont d’instincts préoccupés par les changements climatiques puisqu’ils ont le souci constant de la consommation énergétique, de l’évaluation des risques liées à l’eau et la gestion des résidus dont la finalité commerciale et écologique est doublement profitable», analyse Lhou Lmarbouh, Président de la Fédération de l’Industrie Minérale. Une vision dont Mohamed Soual, Chief Economiste à OCP, en extrait une philosophie politique liée à l’étymologie du mot responsabilité: «nos activités perturbent la terre et les territoires et nous avons la responsabilité de réhabiliter ce qui a été endommagé par notre comportement». La stratégie de cet extracteur en atteste largement puisque la réhabilitation est intégrée en amont des opérations d’extraction. L’exemple de Managem avec son centre de recherche et développement offre, par ailleurs, une autre perspective de la durabilité. «Quel est le sens d’une durabilité si elle n’est pas adossée à une logique incrémentale de recherche & développement ?», se questionne Ismail Akalay, directeur général des activités minières et industrielles au Maroc de Managem et celui qui a été derrière la mise en place de 24 procédés industriels systématisés au niveau du groupe. La philosophie de durabilité de Managem, poursuit-il, consiste à allier innovation, responsabilité vis-à-vis de nos ayants droit et maitrise et correction des nuisances générées.

La COP22 a donc eu, entre autre, le mérite de mettre les secteurs économiques en rangs serrés pour une vision du développement durable. Et pour cela, les générations actuelles et futures garderont certainement note de cette préoccupation désormais largement plébiscitée.

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