Home»TERRITOIRE»Défis du développement humain et modèle de croissance en Afrique

Défis du développement humain et modèle de croissance en Afrique

6
Shares
Pinterest Google+

Dr Abdellah MOUTTAQI
Membre du Conseil Economique, Social et Environnemental – Maroc.
mouttaqi@onhym.com

La transformation structurelle du continent africain a été largement abordée au cours des dernières années, notamment dans un contexte économique favorable. Avec une croissance économique plus prononcée dans les pays riches en ressources naturelles, à l’origine notamment de l’augmentation des investissements directs étrangers. Les cours des matières premières qui avaient atteint des niveaux record entre 2008 et 2011 mais ont commencé à baisser juste après, suite au recul de l’économie mondiale. Faut-il y voir une invitation à considérer ce genre de variation conjoncturelle dans tout essai de modélisation du cap généralement admis pour le continent africain ?

La présente analyse se propose, en tout cas, d’examiner l’impact de la croissance économique sur le développement humain dans le continent sur 10 ans, de 2005 à 2014. Le choix de cette période est justifié par la nature même des niveaux de croissance économique différenciés qu’elle a couverts. L’objectif est de dessiner des tendances globales pour servir de trajectoires sur la base du potentiel économique de chaque pays. Deux indicateurs sont retenus : le PIB par habitant et l’indice de développement humain du PNUD (IDH), ce dernier est lui même calculé à partir du  PIB par habitant, l’espérance de vie à la naissance et le niveau d’éducation. Ces deux indicateurs ont, donc, été sélectionnés en raison de leur simplicité relative ; d’autres indicateurs plus complexes de durabilité peuvent être utilisés dans une seconde phase.

  1. Quelques données générales :

La démographie traçant implacablement la géopolitique de l’avenir, commençons par quelques données démographiques. Sur un continent dépassant les 1,2 milliards d’habitants, onze pays seulement en constituent 66% de sa population : Afrique du Sud, Algérie, Egypte, Ethiopie, Kenya, Maroc, Nigéria, Ouganda, République démocratique du Congo, Soudan, Tanzanie. Et six pays, seulement, en détiennent 66,7% du PIB : Nigéria, Afrique du Sud, Egypte, Algérie, Angola et Maroc. Cependant, la part du continent dans la richesse mondiale est très faible, elle n’en a constitué que 3% au cours de l’année 2015.

Des paradoxes aussi : trente-cinq sur les quarante-huit pays les moins avancés (PMA) au monde sont africains et plusieurs d’entre eux sont exportateurs de ressources naturelles.

Selon la nature de leurs exportations, la CNUCED répartit les PMA africains en six classes :

  • Exportateurs de produits agricoles et alimentaires : Guinée- Bissau, Malawi, Somalie.
  • Exportateurs de combustibles : Angola, Guinée Equatoriale, Soudan, Soudan du Sud, Tchad.
  • Exportateurs d’articles manufacturiers : Lesotho.
  • Exportateurs de minéraux : Erythrée, Guinée, Mali, Mauritanie, Mozambique, République démocratique du Congo, Zambie.
  • Exportateurs mixtes : Bénin, Burkina Faso, Niger, République centrafricaine, Tanzanie, Sénégal, Sierra Leone, Togo.
  • Exportateurs de service : Burundi, Comores, Djibouti, Ethiopie, Gambie, Libéria, Madagascar, Ouganda, Rwanda, Sao Tomé-et-Principe.

Au-delà des PMA, plusieurs autres pays du continent sont, par ailleurs, des exportateurs d’hydrocarbures, de minerais ou de produits agricoles ou forestiers.

Sur le plan économique, les ressources naturelles procurent à l’Afrique un net avantage comparatif : le continent possède environ 12 % des réserves mondiales de pétrole, 42% des réserves d’or, entre 80 et 90 % des réserves de métaux du groupe du chrome et du platine, fer, bauxite…60 % des terres arables et de vastes ressources en bois. La croissance en Afrique continue, donc, naturellement, de reposer sur les matières premières (hydrocarbures, minerais, produits agricoles). Pour donner une première perspective, l’OCDE indique que pour chaque 1% de hausse du PIB d’un grand pays acheteur, la Chine, cela induit 0,4% de croissance pour les pays les moins avancés.

D’après les travaux de la Banque africaine de développement et selon le rapport sur les capacités en Afrique (RICA), la population de l’Afrique atteindra 2,7 milliards d’habitants en 2060 contre 1 milliard en 2010. Le taux d’urbanisation passera de 40% en 2010 à 50% en 2030 et à 65% en 2060, mettant ainsi l’accès aux services de base sous pression. L’espérance de vie moyenne devrait atteindre 70 ans en 2060 contre 56 ans en 2010.

Faire face à ces changements structurels et endiguer la pauvreté dans le continent nécessite une croissance soutenue de 7%, objectif sur le long terme qui ne pourra se réaliser que si le continent procède à la révision de son modèle de développement.

  1. Répartition du PIB par habitant

La répartition du PIB par habitant montre d’importantes inégalités en Afrique : Quand 66% des pays disposent d’un PIB par habitant inférieur ou égal à 2000 USD, 15% des pays sont à peine au-dessus (entre 2000 et 4000 USD) et 19% seulement ont un PIB par habitant supérieur à 4000 USD, dont seuls trois pays dépassant les 9000 USD.

Ainsi, en termes de répartition par rapport aux nombre d’habitants (Fig.1), 6% de la population africaine possède un PIB supérieur à 5000 USD (un peu plus que 60 millions d’habitants), 38% un PIB entre 2000 et 5000 USD (soit environ 440 millions d’habitants) alors que la majorité, soit 56%, un PIB inférieur à 2000 USD (plus que 640 millions d’habitants).

Fig. 1-  Pib par habitant (USD) par classes à l‘échelle du continent

  1. Evolution de l’indice de développement humain (IDH) durant la période 2005- 2014

Aujourd’hui, aucun pays africain n’a atteint un indice de développement humain très élevé.

Seuls 6% de la population du continent vivent dans un environnement d’IDH élevé alors que la majorité, soit 78% et environ 900 millions de personnes, est dans un contexte d’IDH plus faible que 0,6, dont un peu moins de 500 millions avec un IDH très faible (Fig.2).

Cette répartition révèle l’ampleur des défis sociaux sur le continent.

Fig.2- Répartition de la population africaine par rapport aux classes de l’IDH

Mais une tendance optimiste se dessine quand on analyse l’évolution de l’IDH sur la période 2005- 2014. En effet, cet indicateur a été amélioré dans tous les pays, à l’exception de la Libye qui a vu sa performance régresser en raison de la situation d’instabilité qui y prévaut depuis 2011. Pour faciliter la lecture de cette amélioration, sept classes ont été identifiées ; ces classes traduisent le taux de variation en pourcentage de l’IDH entre 2005 et 2014.

Ainsi, la répartition selon un positionnement décroissant est la suivante :

– d’abord l’Ethiopie, avec le plus haut taux d’amélioration, dépassant 25%, mais présente toujours un IDH faible. Ce taux d’amélioration couvre 8% de la population du continent ;

– un groupe de six pays (Burkina Faso, Burundi, Liberia, Malawi, Rwanda, Zimbabwe) avec un taux de 21-25% mais un IDH faible compris entre 0,4 pour le Burkina et le Burundi et 0,5 pour le Zimbabwe, couvrant 6% de la population du continent ;

– puis un groupe de neuf pays (Angola, Congo, RDC, Mozambique, Niger, Sierra Leone, Tanzanie, Tchad, Zambie) ayant un taux de 16-20% et un IDH faible, variant entre 0,34 pour le Niger et 0,59 pour le Congo. Il faut noter que trois pays dans ce groupe sont exportateurs de pétrole dont notamment l’Angola (premier producteur africain), le Congo et le Tchad ;

– treize pays (Botswana, Bénin, Cameroun, Côte d’Ivoire, Djibouti, Ghana, Guinée, Kenya, Lesotho, Mali, Ouganda, Soudan, Togo) avec un taux d’évolution de 11-15% et des inégalités dans la valeur de l’IDH ; faible pour le Mali et la Guinée (0,41) à intermédiaire, mais très intéressant, pour le Botswana (0,7) ; cette classe a profité à 21,5% de la population du continent ;

– le plus grand nombre de pays, soit 18 (Afrique du Sud, Algérie, Cap-Vert, Comores, Gabon, Gambie, Guinée Bissau, Madagascar, Maroc, Maurice, Mauritanie, Namibie, Nigeria, République centrafricaine, Sao Tomé-et-Principe, Swaziland, Sénégal, Égypte) se trouvent dans la tranche d’amélioration 6-10% ; avec là aussi des écarts très significatifs, un IDH faible de 0,41 pour la Guinée Bissau et élevé, de 0,77 pour Maurice. Ce taux a profité à 40,6% de la population du continent, soit plus que 450 millions d’habitants. Dans ce groupe, trois pays sont de grands producteurs d’hydrocarbures (Algérie, Gabon, Nigeria) ;

– quatre pays se trouvent dans un intervalle compris entre 0 et 5% (Guinée équatoriale, Seychelles, Tunisie, Érythrée) constituant 1,6% de la population du continent et un IDH faible pour l’Érythrée (0,39) et élevé pour Seychelles (0,77). Dans ce groupe, la Guinée équatoriale qui possède le second PIB par habitant du continent (12541 USD) présente un IDH faible (0,59) ;

– enfin, la Libye qui a vu son IDH régresser drastiquement.

Si on peut se féliciter aujourd’hui du positionnement de la majorité des pays africains sur une trajectoire de croissance et d’amélioration des indicateurs humains, il faut cependant souligner l’ampleur des défis sociaux qui restent à relever pour atteindre des niveaux confortables. Cette situation traduit la lenteur d’évolution de l’IDH car le continent africain est confronté à la nécessité de résorber les déficits sociaux et rattraper les retards accumulés. Le continent africain n’a malheureusement pas toujours eu un environnement qui aurait pu faciliter un développement humain. Le concept du développement humain est très complexe car multidimensionnel, les efforts pour son amélioration doivent se faire sur le long terme et de manière continue.

  1. Analyse croisée PIB par habitant- IDH (Fig.3)

L’analyse de l’impact de la création de richesse sur le développement humain permet de placer les pays africains selon deux tendances :

fig3- Evolution PIB par habitant par rapport à l’indice de développement humain (IDH)

  • D’abord, une grande majorité de pays avec un PIB par habitant inférieur à 2000 USD et un IDH inférieur à 0,55 (bloc 1). Sur les 34 pays africains classés parmi les pays les moins avancés (PMA) selon les Nations Unies, 31 se trouvent dans ce bloc. Il s’agit des pays suivants : Bénin, Burkina Faso, Burundi, Comores, Côte d’Ivoire, Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Lesotho, Liberia, Madagascar, Malawi, Mali, Mauritanie, Mozambique, Niger, Ouganda, République Centrafricaine, République démocratique du Congo, Rwanda, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Sud-Soudan, Tanzanie, Tchad et Togo.
  • Trois pays classés parmi les PMA sont situés en dehors de ce premier bloc pour des raisons différentes, d’abord la Guinée Equatoriale (IDH : 0,59, PIB par habitant : 12 541USD) et l’Angola (IDH : 0,53, PIB par habitant : 4062 USD) en raison notamment de leurs PIB par habitant élevés liés à leur caractère de pays producteurs d’hydrocarbures, puis la Zambie par la valeur de son IDH (IDH : 0,59, PIB par habitant : 1576USD).
  • A l’inverse, trois pays non classés parmi les PMA se retrouvent dans ce bolc1, il s’agit du Cameroun, de la Cote d’Ivoire et du Zimbabwe. Il faut souligner que la Guinée Equatoriale sortira de cette catégorie PMA en juin 2017, et que le comité politique de développement a recommandé de faire sortir l’Angola par son niveau de revenu par habitant. La question fondamentale serait de mesurer l’impact de telles décisions de retrait ou non parmi les PMA sur le développement humain ?
  • Ce premier groupe se prolonge par quelques pays ayant une meilleure performance en termes d’IDH, dépassant la valeur de 0,55 alors que le Pib par habitant est plus bas que 2000 USD ; il s’agit de Sao Tomé et Principe, de la Zambie et du Ghana.

 

  • Ensuite, au-delà d’un PIB par habitant de 2000 USD, les pays s’organisent dans deux blocs :
  • Un bloc 2 où l’IDH et le PIB par habitant évoluent de manière coordonnée, mais selon deux variantes ; une première variante (2a) tirée par la performance des iles Maurice suivie par les pays les plus dynamiques du continent, comme l’Afrique du Sud, le Botswana, le Cap-Vert, l’Egypte, le Maroc et la Tunisie. Une deuxième variante (2b) tirée par les Seychelles et caractérisée par une évolution du Pib par habitant plus rapide.
  • Un bloc 3, formé par certains pays exportateurs d’hydrocarbures comme la Guinée équatoriale, l’Angola et le Nigéria, présentant des PIB par habitant élevés et des valeurs d’IDH faibles.
  1. Discussion

Une question fondamentale sur la performance socio-économique de nombreux pays africains se posera de manière récurrente à chaque fois que les cours des matières premières extractives diminuent, comme c’est le cas depuis 2014. Eu égard à son caractère conjoncturel, cette interrogation est un corollaire d’une problématique beaucoup plus large, celle de la transformation structurelle de l’Afrique. Les axes cités ci-dessus sont donnés pour servir de bases de discussion.

 

  • Cadre général

En soulignant le fort potentiel du continent, avec notamment une classe moyenne en plein développement, nous attirons l’attention sur le fait que le modèle économique emprunté par la majorité des pays du continent, avec une part prépondérante du secteur primaire, une dépendance des matières premières et un manque de diversification économique, pose la problématique de la soutenabilité de la croissance économique.

L’engagement pris par les pays africains envers les objectifs du développement durable des nations unies en 2015, en prolongement des objectifs du millénaire, constitue le cadre fédérateur pour une croissance inclusive pour aboutir à un développement humain durable. Le cap ainsi tracé permet de disposer d’un référentiel à même de mesurer le degré d’avancement des pays africains ou du moins d’analyser la trajectoire sur laquelle ils se positionnent.

Il est encourageant de constater cette prise de conscience généralisée sur l’ensemble du continent et la convergence vers un développement humain durable. Mais il faut cependant souligner les déficits sociaux et les inégalités au niveau des moyens dont dispose chaque pays.

En raison de leur caractère planétaire, l’agenda 2030 des Nations Unies et la place que le continent a occupée lors de la COP22, devraient constituer des opportunités pour les pays africains pour démultiplier les sources d’investissement au profit de leur développement humain. A condition que ces pays développent les capacités nécessaires pour le montage, l’exécution et le suivi des projets.

  • Rôle du capital naturel : focus sur l’industrie extractive

Le capital naturel, en général, et celui des industries extractives en particulier, se situe au cœur des modèles économiques de nombreux pays africains. Ces industries vont continuer à en constituer l’épine dorsale pour de nombreuses années encore. Mais comment ce secteur pourrait-il contribuer de manière efficace à améliorer le niveau de développement humain ? La réponse à cette question se situe à trois niveaux :

  • Les gouvernements africains doivent d’abord travailler pour rendre ce secteur modèle, tel qu’il résulterait de la convergence des lois, directives et orientations de la communauté internationale, institutions, gouvernements et la société civile. Un tel secteur devrait œuvrer pour une croissance durable, partagée et inclusive ; il doit reposer sur une bonne gouvernance, être intégré économiquement, se faire selon l’approche de la durabilité et respecter les droits de toutes les parties prenantes. L’appui de la communauté internationale est à notre sens nécessaire pour aider les pays africains à atteindre cet objectif.
  • Une contribution efficace de ce secteur est tributaire de sa maturité ; celle-ci renseigne aussi bien sur la stabilité au niveau réglementaire que sur la dynamique d’exploitation liée à une exploration très active, soutenue et drainant les investissements nécessaires au maintien de l’effort de recherche.

Deux autres marqueurs qui pourraient refléter la maturité du secteur extractif africain. Le premier concerne la disponibilité de l’expertise nationale aussi bien pour le volet régulation (Etat et agences de gouvernance) que pour le volet technique (chez les opérateurs). Le second concerne la transformation du potentiel, mis en avant actuellement, pour passer au développement de l’exploitation et l’arrivée de nouveaux producteurs africains parmi les 10 premiers mondiaux.

  • L’articulation entre le temps du capital naturel et le temps du développement humain est une question capitale. Et pour cause, si les ressources naturelles peuvent jouer un rôle de levier, leur impact sur le développement humain risque d’être nul ou différé dans le temps en absence d’un écosystème favorable. Il est donc important d’articuler les changements escomptés dans la dimension temporelle car, par rapport au temps des ressources naturelles et au poids de la volatilité des marchés sur son évolution, celui de l’amélioration des indicateurs sociaux est un processus très lent qui doit s’inscrire dans la durabilité au cœur des politiques publiques. Les gouvernements se doivent donc de mettre en place le modèle capable d’utiliser à profits les revenus conjoncturels des matières premières pour améliorer des indicateurs structurels sur long terme. Toute évaluation devra tenir compte de l’étendue des besoins sociaux par rapport au caractère cyclique des résultats de l’exploitation du capital naturel.
  • Ecosystèmes et biens environnementaux

Selon de Rapport 2016 WWF, l’analyse combinant l’empreinte écologique par personne, l’indice de développement humain et la biocapacité, montre que la majorité des pays africains ont une empreinte écologique plus basse que la biocapacité mais avec, malheureusement, des niveaux d’IDH relativement faibles. Là aussi, des disparités subsistent sur le continent. L’Afrique du nord et l’Afrique du sud sont les deux régions où l’empreinte écologique est la plus élevée car liée à une forte pression sur les ressources naturelles tandis que l’Afrique équatoriale, avec ses importants écosystèmes forestiers, présente une biocapacité positive. Dans un scénario de continuité, les projections de l’empreinte écologique à horizon 2045 montrent une tendance haussière sur l’ensemble des utilisations des terres (carbone, terres cultivées, pâturages, forêts et terrains bâtis), avec une pression très élevée sur les terres cultivées, les pâturages et le carbone.

La question de la soutenabilité du modèle de croissance sur le long terme est sérieusement posée pour l’ensemble du continent, avec notamment des prévisions pessimistes à horizon 2045 quant à l’augmentation des pressions sur les ressources naturelles. La trajectoire du développement devrait s’articuler sur la diversification économique, ce qui permettra d’atténuer la pression sur les ressources naturelles et les écosystèmes, ainsi que sur les biens environnementaux en liaison avec le bien-être des populations pour un développement humain durable et une croissance inclusive et résiliente aux changements climatiques.

  • Quelles trajectoires pour améliorer durablement l’IDH ?

L’analyse croisée entre le PIB par habitant et l’IDH, présentée ci-dessus et illustrée par la figure 3, permet de relever quatre conclusions :

  • Le défi majeur du continent africain réside dans sa capacité à offrir à plus de 60% de ses pays les moyens d’améliorer leur PIB par habitant pour au moins atteindre le palier de 2000 USD, niveau que nous pensons nécessaire pour déclencher une possible et intéressante amélioration de l’IDH.
  • La trajectoire 2 (2a et 2b) peut être considérée comme le modèle à suivre selon que le pays soit riche en ressources énergétiques ou non. La tendance 2a serait la plus accessible pour de nombreux pays africains avec bien entendu comme challenge d’accélérer l’amélioration de l’IDH par rapport à la richesse créée.
  • La trajectoire 3 correspond à la voie la moins performante sur le plan humain dans la mesure où la grande richesse du pays n’a aucun impact sur le développement humain. Selon cette courbe, il n’y a pas de partage de richesse, c’est la situation de pays où la rente énergétique se situe au cœur du modèle de développement.

En se positionnant sur la trajectoire vertueuse décrite ci-dessus (courbe 2), il s’agit de mettre la durabilité au cœur du développement pour créer de la richesse au bénéfice des populations. Ce sont là les deux objectifs de la transformation structurelle du continent. La mesure de l’évolution de l’IDH sur 10 ans et les niveaux des PIB par habitant montrent qu’il s’agit d’un projet de longue haleine, nécessitant une convergence des politiques publiques et l’appui de la communauté internationale. Il s’agit dans un premier temps de tirer le meilleur parti de l’avantage comparatif qu’offre le capital naturel, mais en tenant compte des chocs externes liés à la volatilité des cours des produits sur les marchés internationaux. Sur le long terme, l’objectif est de diminuer la part du secteur primaire grâce à des politiques de diversification en garantissant la sécurité alimentaire et en investissant dans le capital humain. Le continent africain devrait également se tourner vers les métiers de l’avenir, qui cadrent parfaitement avec sa jeunesse (le numérique, les industries culturelles, les emplois verts…) et investir dans l’innovation dans les secteurs clés de l’économie.

Previous post

Mouttaqi : "Le développement durable est définitivement un destin africain"

Next post

Un indice RSE verra le jour à la bourse de Casablanca en 2017

1 Comment

  1. Aimad
    12 juin 2017 at 21 h 50 min — Répondre

    Excellent article

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *