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Etude de Oekom : Les performances de durabilité sont désormais traitées comme indicateurs financiers et non comme des problèmes éthiques

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De plus en plus d’investisseurs traitent les performances de durabilité des entreprises non plus comme des problèmes éthiques, mais comme des KPI financiers. Oekom estime que les entreprises dont les efforts ESG restent relativement stables au cours des prochaines années vont progressivement diminuer dans la notation. Les entreprises ayant des améliorations modérées conserveront leurs positions. Les entreprises ayant réalisé des progrès substantiels augmenteront dans la cote. En un mot, la durabilité devient un impératif commercial.

Le Brexit et Donald Trump ont-ils extirpé toute pertinence à la durabilité ? La réponse est définitivement négative et la recherche Oekom Resach en apporte la preuve.

L’ancien ministre des Affaires étrangères et Délégué Chancelier de la République fédérale d’Allemagne, Joschka Fischer, indique une orientation : le futur programme de durabilité sera défini moins dans le cadre des traités internationaux, et plus par des lois concrètes, locales et nationales et des innovations technologiques. Un «processus de transformation», précise l’étude de oekom.

Le marché des capitaux capable d’exercer un effet de levier important en orientant les investissements vers le développement durable et en favorisant la transparence grâce au Reporting de durabilité.

Robert Haßler, le CEO de oekom research retient, à raison, deux impulsions politiques importantes récemment envoyées au niveau européen : « les directives approuvées par le Parlement européen en novembre 2016 pour inclure les critères ESG (gouvernance sociale environnementale) dans les fonds de pension et l’obligation de Reporting RSE pour les entreprises dès 2017« .

Dans la revue RSE de oekom, la part des entreprises dans les pays industrialisés ayant une gestion de la durabilité à mi-parcours a fortement augmenté, passant de 35% en 2015 à plus de 40% en 2017. À l’inverse, la part des entreprises ayant une performance de durabilité insuffisante a continué de baisser, passant de plus de 48% en 2015 à 43% aujourd’hui. Cela est définitivement un signal positif.

Oekom ressort quelques virages réglementaires et normatifs récents. D’abord, les objectifs de développement durable des Nations Unies (ODD des Nations Unies) ratifiés en 2015 en tant que nouveau consensus pour le développement durable.

Mais d’autres réglementations moins importantes ont surgi. La Loi sur l’esclavage moderne (Modern Slavery Act) de 2015 du Royaume-Uni, qui exige une transparence quant à la manière dont les entreprises luttent contre le travail forcé, l’esclavage et le trafic de personnes dans leurs chaînes d’approvisionnement. Aux Etats Unis, l’interdiction des importations par les États-Unis de produits fabriquée à l’aide de travail forcé est également entré en vigueur en 2016 (amendement 2016 à la loi sur Smoot-Hawley Tariff Act de 1930 visant à interdire l’importation de biens produits avec du travail forcé).

Ces initiatives changent l’économie, à un rythme plus rapide et plus largement qu’auparavant. Les entreprises pourront bénéficier de ces processus comme en pâtir. Une exploitation agricole marocaine n’apportant pas la preuve grâce à un Reporting transparent et pertinent pourra se faire refuser la réception de ses fruits et légumes sous pretexte qu’ils ont été produits à l’aide de travail forcé. Les possibilités d’exégèse sont, là aussi, peu circonscrits.

L’industrie automobile est un exemple primordial en tant que secteur, souligne les rédacteurs du rapport : «pendant de nombreuses décennies, ce secteur a refusé d’accepter sérieusement l’abandon du moteur à combustion interne comme scénario crédible, domaine dans lequel de nombreuses recherches ont été menées par de nombreux constructeurs automobiles». Or, l’industrie a été ébranlée lorsque, en 2016, les gouvernements de plusieurs pays envisageaient ouvertement une interdiction de l’octroi de licences aux véhicules à moteur à combustion interne à partir de 2025 ou 2030.

Processus de transformation: opportunités et risques pour les entreprises

Pour cette raison, de plus en plus d’investisseurs s’intéressent beaucoup aux performances des entreprises dans ces domaines. C’est parce que certains problèmes de durabilité ne sont plus traités comme des problèmes éthiques, mais plutôt comme des KPI financiers.

Cela se manifeste notamment par la vague massive de désinvestissement qui, depuis plus d’un an, a eu des répercussions sur les entreprises ayant des activités importantes en charbon.

La directive européenne sur la «divulgation des informations non financières» impose dès 2017 à toutes les entreprise de l’UE avec un effectif de plus 500 employés à divulguer des informations sur l’impact environnemental et social de leurs activités commerciales.

Une plus grande transparence est également exigée par les investisseurs eux-mêmes : en France, par exemple, et depuis le début de 2016, la loi sur la transition énergétique a obligé les investisseurs institutionnels, entre autres, à assurer la transparence de l’empreinte carbone de leurs investissements et des risques climatiques associés.

L’importance de l’ESG a également été renforcée au niveau européen à la fin 2016 : en vertu de la directive révisée sur les fonds de pension (IORP II), les gestionnaires de fonds doivent tenir compte des risques environnementaux et sociaux dans leurs fonds et fournir des informations sur les aspects ESG de leurs politiques d’investissement.

Pour tenir compte des changements réguliers dans les conditions environnementales, sociales et de gouvernance sous-jacentes pour les entreprises, les indicateurs utilisés dans la notation ESG sont également soumis à une mise à jour continue.

Ces changements impliquent un resserrement des normes de notation. L’environnement réglementaire a été intensifié à travers des valeurs de seuil plus strictes.

Les notations et le Reporting octroient aux entreprises d’une manière précoce un système d’alerte pour les risques et opportunités futurs des entreprises.

Les résultats globaux décrits dans ce rapport, soulignent les analystes, doivent être interprétés comme un arrière-plan d’une notation en constante évolution.

En règle générale, les entreprises dont les efforts ESG restent relativement stables au cours des années vont progressivement diminuer dans la notation. Les entreprises ayant des améliorations modérées conservent leurs positions.  Les entreprises qui ont réalisé des progrès substantiels augmenteront dans la cote.

Globalement, la notation de la gestion et de la performance en durabilité non seulement des grandes entreprises internationales des pays industrialisés mais aussi des grandes entreprises sur les marchés émergents montre une tendance à la hausse lente mais constante qui a même été accéléré légèrement en 2016. Parallèlement, le taux moyen de toutes les entreprises observées a également augmenté.

Les raisons possibles sont multiples : d’une part, de plus en plus de pays présentent une obligation de divulgation pour l’information ESG, ce qui entraîne une transparence continue, et pas seulement verticale, mais aussi horizontale, de la transparence sur les sujets pertinents de la notation.

Néanmoins, comme la transparence accrue ne se traduit pas automatiquement par une amélioration immédiate de la performance, l’augmentation de l’information a notamment entraîné un décalage des scores pour ces entreprises à l’extrémité inférieure de la notation globale.

Parallèlement, une prise de conscience accrue des sujets de durabilité est devenue généralement observable. Dans certains cas, cela peut être dû à des directives réglementaires plus strictes. Cependant, la pertinence économique sous-jacente de la durabilité commence également à jouer un rôle dans les décisions commerciales de nombreuses entreprises.

L’une des raisons en est que les problèmes de durabilité sont de plus en plus pertinents pour les investisseurs, et donc rebondissent sur les entreprises.

Oekom note qu’après l’achèvement de chaque processus de notation, les entreprises analysées commentant le processus ainsi que sur la qualité substantielle de la notation disent qu’elles considèrent les résultats de l’évaluation comme un stimulant important pour développer davantage leurs systèmes de gestion de la durabilité.

Une tendance positive similaire est également observée pour les entreprises des pays émergents. Ici aussi, une tendance légère, mais continue, positive à une meilleure performance de la durabilité est évidente, bien qu’à un niveau global inférieur à celui des sociétés des pays industriels.

Les analystes de oekom s’attendent à ce que des améliorations accrues de la transparence des entreprises s’opèrent sous la pression croissante des investisseurs et des législateurs

Le suivi de ces processus de changement sera également dans l’intérêt des investisseurs, soulignent les rédacteurs de oekom, car les processus influenceront davantage le succès futur d’une entreprise que par le passé. Cela est également particulièrement vrai pour les entreprises qui n’ont jusqu’à présent pas réussi à implémenter des systèmes adéquats pour gérer les exigences de durabilité, ce qui les expose à un risque accru d’incapacité d’adapter leurs modèles commerciaux (suffisamment rapidement) à une évolution de leur environnement.

Téléchargez l’étude de oekom Research: Are Companies Already On The Right Track?

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