Home»Chroniques»La durabilité, nouvel aggiornamento des agences de notation

La durabilité, nouvel aggiornamento des agences de notation

2
Shares
Pinterest Google+

Quelle serait la notation souveraine du Maroc si les agences de notation venaient-elles à intègrer les critères ESG dans leurs calculs? Meilleure, nous apprend la dernière étude du cabinet SolAbility, éditeur du Global Sustainable Competitiveness Index.

SolAbility a, en effet, comparé la moyenne des notations-pays (par les trois majors Fitch, Moody’s et Standard & Poor’s) avec une évaluation où les critères ESG seraient associés.

Mais pourquoi, d’abord, faut-il intégrer les critères ESG dans les notations souveraines ? D’abord parce que celle-ci ne reflètent pas complètement l’ampleur des risques mais aussi les opportunités d’investissement puisque la notation se base sur les résultats et non sur les causes. Ensuite, parce que la fatalité d’un taux d’intérêt plus élevé pour les pays dont la notation est moins élevée est une dialectique (mais aussi une mécanique) peu holistique, quand elle n’est pas un peu teintée idéologiquement, en lieu et place de la sempiternelle inclusivité largement convoquée ici et là aujourd’hui.

Il y a, là, une limite considérable à dépasser puisque l’industrie de la notation de crédit n’intègre pas présentement, selon SolAbility, dans la note sur les obligations souveraines, un calcul basé sur des considérations de durabilité.

Résultat, ces notations définissent le niveau d’intérêt qu’un pays est amené à payer pour les prêts qu’il contracte et, en bout de chaine, cela détermine non seulement le coût du capital mais aussi l’appréciation du niveau de risque que l’investisseur est prêt à prendre.

Le débat est donc le suivant : tout comme le calcul du PIB, les risques souverains sont calculés sur la base d’une combinaison de risques économiques, politiques et financiers. L’un comme l’autre cherchant aujourd’hui les conditions de son propre dépassement en puisant dans le même terreau : l’immatériel.

Pour les notations justement, les risques identifiés ne définissent pas la situation actuelle et n’en offrent aucune explication. Les considérations liées à la capacité et à la motivation de la main-d’œuvre, à la santé et au bien-être ou encore au tissu social ne sont pas pris en ligne de compte, à titre d’exemple, alors que ceux-ci déterminent fortement le niveau d’exposition au risque des futurs investisseurs.

L’étude de SolAbility est intéressante, à ce titre, car elle tient compte non seulement de la valeur financière de la production économique, mais aussi de l’état du pays en termes de capital naturel, d’intensité des ressources, de niveau d’éducation… (111 indicateurs). C’est d’ailleurs cette philosophie des capitaux transformés que nous retrouvons dans les différents référentiels de durabilité, et notamment le cadre IIRC.

Ainsi, selon SolAbility, le Maroc passera de BBB- à BBB si on intègre la durabilité dans le calcul, soit 2 points de différence et le Mazmbique en gagnerait 6 en passant de CCC- à BB-.

 

 

 

 

 

 

Par Hassan Bouchachia

Téléchargez l’étude

 

Previous post

Lancement de l’étude du « Schéma Régional de préservation de l’Environnement et de lutte contre le Changement Climatique »

Next post

La Chine passe au vert

No Comment

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *