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RSE au Maroc : Le bilan de l’année 2014

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L’année 2014 a tiré sa révérence et l’exercice classique du bilan s’impose. Alors, quid des actions, réflexions, pratiques, régulations et autres corporations en matière de RSE qui ont marqué particulièrement l’année 2014. Premier bilan d’une série d’articles que nous allons publier en janvier 2014.

Il n’est pas exagéré de considérer que l’année 2014 a connu une explosion des signaux qui renvoient vers une prise de conscience plus prononcée voire un début de maturité du marché. Par marché, il ne faut pas entendre le tissu entrepreneurial seulement, mais aussi et surtout celui de l’environnement qui l’entoure.

Premier signal : l’université marocaine

Il n’est pas anodin de constater que de nombreux laboratoires de recherches se sont installés dans de nombreuses universités marocaines, et notamment dans les cycles doctoraux en management. Il y a, là, quelque chose de l’ordre de structurant. L’histoire économique contemporaine a montré que c’est dans ces lieux, généralement, que le «déclic» sociétal s’opère. Car, en définitif, ce sont ces lieux-là qui mettent en forme les idées à destination des politiciens. Et pour l’instant, la communauté scientifique marocaine scrute encore les déterminants, les caractéristiques et les perceptions tout en s’essayant à des problématiques assez transversales de corrélation entre performance et RSE. Quelques travaux, à notre connaissance, à Tanger, Oujda, Kenitra, Fès et Casablanca renseignent sur la démarche sereine et approfondie des recherches enclenchées, grâce notamment à leur ancrage territorial.

Deuxième signal : la société civile

Le Ftour-débat ayant réuni en juillet 2014 une cinquantaine de chefs d’entreprise et d’universitaires avait des allures de questionnement général sur l’avenir de la relation entre l’entreprise et la société (business and society). A regarder de près l’engouement des dirigeants lors de ce Ftour organisé par l’association RSO au Maroc, le puzzle d’une doctrine marocaine de la RSE est en bonne voie de composition. Mieux, l’effervescence de la société civile en général et de la société entrepreneuriale en particulier préfigure que la RSE risque de devenir de plus en plus un fait social.

Deux autres événements sont venus structurer le paysage de la RSE en 2014 : les rencontres internationales de la RSO le 25 et 26 novembre à Casablanca avec une thématique qui trace l’étendue de l’ambition de cette association : les politiques publiques du développement durable et la RSE en Afrique. Une manière d’inciter les politiques sectorielles à accoucher d’une politique de développement durable, mère nourricière sur le plan réglementaire et sectoriel des stratégies RSE des firmes prises individuellement. Tout comme le capital avec le travail, la société civile agit sur la RSE comme la premier sur le second : en le démultipliant.

Le troisième acte de la société civile et entrepreneuriale en 2014 : «Les Rencontres Responsabilité et Performance» organisées les 16 et 17 décembre à Casablanca par l’agence déclic en partenariat avec la CGEM autour du thème «RSE, performance globale & création de valeur partagée». Cet événement sera consolidé, lors de la prochaine édition, puisqu’il compte s’internationaliser en intégrant une dimension africaine. Dans la foulée, les PME seront également conviées.

Troisième signal : le patronat mobilisé, les régulateurs alertes 

 CGEM RSE

Si la confédération patronale est suffisamment active dans la filière RSE, les entreprises (grandes notamment) sont elles individuellement assez peu motivés pour l’instant. Les institutionnels sont faiblement mobilisés autour de cette thématique. Pourtant, celle-ci côtoite au jour le jour des problématiques centrales de Gouvernance. Dans un environnement institutionnel plutôt stable en 2014, marqué toutefois par une certaine atonie économique, les chefs d’entreprises au Maroc n’ont réservé leurs grandes sorties (pour ceux qui l’ont fait) RSE en 2014 qu’à l’annonce de l’adoption du label RSE de la CGEM. Excepté cette sortie presque révolutionnaire du groupement professionnel des banques du Maroc à travers son Président Othmane Benjelloun, les entreprises au Maroc n’ont pas été suffisamment alertes en 2014 que l’a été la société civile. Gageons que 2015 consacrera une plus grande mobilisation des entreprises au Maroc. Retenons toutefois cet intérêt de plus en plus grandissant des régulateurs marocains pour la filière de la RSE : BAM, l’ANRT, l’ONHYM…

Quatrième signal : des médias experts

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La parution d’un guide-ouvrage spécialisé «Les Leaders de la RSE au Maroc» et un portail web qui décrypte l’actualité RSE (http://lesleaders.ma/) est un puissant levier de communication qui donne déjà des résultats, au-delà des objectifs escomptés. Gageons que les partenaires institutionnels puissent y voir un outil fondamental de rayonnement sur les pratiques RSE au Maroc.

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