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Qu’est ce qu’une entreprise socialement responsable ?

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Soyons pragmatiques : la vie d’une entreprise induit, au gré des contingences de sa gouvernance, des externalités négatives. Or, ce sont ces externalités qui constituent le pendant naturel d’une contestation potentielle future d’une ou de plusieurs parties prenantes. Et rebelote, acceptabilités mises en cause et revenus futurs potentiellement en berne. Si nous devons retenir une mécanique, celle-ci restitue suffisamment bien la légitimité de la RSE.

Il n’est pas exagéré de considérer que de nombreuses entreprises pratiquent une certaine forme de «responsabilité». Pour les plus grandes d’entres elles, j’ose avancer une hypothèse, du reste suffisamment bien assise sur le plan académique: la notation, les labels, l’ISR, le reporting extra-financier… sont définitivement des outils de structuration du champs de la responsabilité des entreprises.

A l’intérieur de ces standards, il y a et il y aura un toujours un débat, mais les prérequis sont là. En dehors de ces standards, le débat sur la pertinence ou non de retenir une entreprise d’une manière «publique» comme responsable paraît difficilement défendable.

Sur le marché marocain, le classement top performers de Vigéo est une base valable de discrimination. Le Label RSE de la CGEM en est un autre. Les reporting extra-financier de type GRI-G4 ou l’adhésion au pacte mondial sont aussi des outils pertinents de positionnement. Ce n’est pas pour rien que la genèse et l’adoption de ces standards par la communauté internationale a pris plus d’un demi siècle. A chaque stade d’évolution et de maturation du tissu productif d’un pays, on se dirige vers l’adoption de ces standards.

L’universalisme, en l’occurrence, ne veut pas dire, importation de concepts. Les standards sont là pour imposer une comparabilité et donc une lisibilité vis à vis des autres parties prenantes : investisseurs, places boursières, agences de notations, riverains, ONG… Cependant, il est tout à fait naturel que la méthodologie et le niveau de pertinence pour l’adoption d’une partie prenante diffère d’un contexte à l’autre.

Dans notre contexte africain, des entreprises subsahariennes peuvent estimer à juste titre que syndicats et médias ne sont pas des parties prenantes pertinentes. Le cadre historico-institutionnel fixe les niveaux de pertinence dans l’identification et l’évaluation des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance.

Si la notion d’exemplarité est avancée dans le domaine de la RSE, ce n’est certainement pas une dimension angélique où les bons sont d’un côté et les moins bon de l’autre. C’est simplement pour que la structuration du champ de la RSE puisse se poursuivre à travers des standards. Mais les standards, eux même, font l’objet d’une évolution permanente.

Bref, une entreprise d’une certaine taille, pour qu’elle puisse s’insérer dans le champs social comme étant RSE est dans l’obligation de s’aligner sur ces outils de structuration de ce même champs.

Faire valoir son engagement communautaire sans prendre en compte les modèles universels de la responsabilité est une hérésie. Nos pays du sud, plus que ceux du nord, sont d’autant plus tenus de s’approprier cette articulation normative, en raison notamment des quelques déficits de gouvernance consubstantiels à nos modèles de développement.

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