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Renforcer la compétence des Conseils d’administration en matière de durabilité

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Les Conseils d’administration ont-ils les compétences nécessaires pour traiter de l’impact climatique sur le business ? C’est, entre autres, la question posée par l’étude de l’ONG américaine Ceres, spécialisée en développement durable.

Les entreprises doivent traiter le développement durable comme elles le font pour d’autres menaces commerciales importantes, telles que la cyber-sécurité ou la gouvernance financière, en renforçant l’expertise en matière de développement durable au sein de leurs Conseils d’administration.

Et comme la durabilité est essentielle pour une entreprise, note l’étude, il est essentiel de recruter des administrateurs compétents pour créer un conseil compétent en matière de développement durable.

Pour que les Conseils servent bien les entreprises et leurs investisseurs, ce recrutement doit changer pour inclure les candidats ayant de l’expérience dans les problématiques environnementales et sociales affectant la performance de l’entreprise.

Mais le recrutement n’est que la première étape. Les entreprises devraient planifier pour l’avenir en donnant aux membres du Conseil une expertise en matière de développement durable.

Cette expertise permettra aux entreprises de prendre des décisions éclairées et intelligentes sur les politiques de changement climatique qui ont une incidence sur la stratégie, les risques et les modèles économiques d’entreprise.

La durabilité devrait être une priorité pour tous les membres du conseil d’administration. L’expansion de l’expertise du conseil en matière de développement durable devrait faire partie de la stratégie de chaque conseil d’administration.

«Les Conseils ouverts aux influenceurs externes, même aux détracteurs, prennent des décisions plus judicieuses. Amenez-les, écoutez-les et laissez les conseils être informés pendant qu’ils prennent des décisions importantes », conseille Carol Browner, administrateur et membre du Conseil d’Administration de l’opérateur américain agroalimentaire Bunge.

Le rapport de Ceres présente des étapes pratiques pour comprendre les risques et les opportunités inhérents à la responsabilité d’un administrateur pour la création de valeur à long terme.

Au sein du conseil d’administration de Coca-Cola, le comité examinant les questions d’intérêt public et la diversité s’occupe des questions de durabilité.

Mieux, les Conseils, note l’étude, devraient exiger que tous les administrateurs soient régulièrement formés aux questions pertinentes de durabilité.

En 2017, et dans la déclaration de procuration de General Motors, celle-ci identifie spécifiquement le développement durable dans sa section « orientation des directeurs et formation continue » comme un sujet que les nouveaux administrateurs doivent comprendre.

Les conseils qui veulent vraiment devenir compétents en matière de durabilité chercheront des programmes qui enrichiront les connaissances au fil du temps.

L’objectif de la formation du Conseil est de fournir aux administrateurs des outils qui peuvent les aider à mieux faire leur travail. Comme la bonne gouvernance exige que les administrateurs fassent preuve de jugement dans des contextes d’entreprise spécifiques, la formation du conseil devrait aller au-delà des introductions générales et se concentrer sur la façon dont certains problèmes surviennent dans un contexte opérationnel. Cela peut aider le conseil à se concentrer sur ce que la durabilité signifie du point de vue de la stratégie ou du risque et comment un problème donné peut affecter la performance.

Certaines personnes interrogées, lors de cette étude, ont suggéré que les entreprises devraient investir dans des formations personnalisées afin d’optimiser l’utilisation du temps du conseil et d’obtenir le maximum d’avantages commerciaux. Ces séances devraient cibler les niveaux de compétence et d’expertise du conseil et être adaptées aux défis de l’entreprise ou de l’industrie.

Le Groupe Co-operators, une coopérative canadienne d’assurance et de services financiers, est une organisation où les décisions sont guidées à la fois par la rentabilité et les besoins des communautés membres. En 2012, le conseil d’administration de Co-operators a mis l’accent sur le développement durable en incluant un comité de développement durable et de la citoyenneté au sein de sa structure de comités du conseil.

Spécifiquement, disent les auteurs de l’étude, les Conseils devraient être impliqués dans les discussions sur le développement durable avec leurs plus « grands » actionnaires et investisseurs du long terme en plus de ceux qui ont une expertise spécifique dans ce domaine. Vanguard, l’un des plus grands gestionnaires d’actifs au monde, a préconisé la création de comités de liaison actionnaires dans les conseils d’administration des sociétés dans lesquelles il investit.  Vanguard croit que des échanges cohérents entre actionnaires et administrateurs aident à anticiper les risques. Ces processus pourraient être mis à profit pour un dialogue solide sur la durabilité.

Ce besoin d’engagement direct des investisseurs et des administrateurs devient particulièrement important à mesure que les actionnaires se concentrent sur les questions de développement durable. Entre 2010 et 2014, plus de 250 résolutions d’actionnaires ont été rejetées, appelant à une supervision explicite du conseil d’administration sur toute une série de questions liées à la durabilité, indiquant un lien croissant entre les questions de matérialité des enjeux et la responsabilité fiduciaires des dirigeants.

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