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Tim MOHIN : «Nous assurer que les données sont utiles à la décision, opportunes et pertinentes pour toutes les parties prenantes».

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Tim MOHIN, Directeur Général de GRI.

GRI célèbre ses 20 ans. 20 ans de création de normes de Reporting de la durabilité. Tim Mohin, le directeur général, fait le point(*) sur les réalisations au cours des deux dernières décennies. 

Vous avez eu une longue carrière et avez travaillé dans plusieurs grandes organisations comme Intel, Apple et l’Agence de protection de l’environnement avant de rejoindre GRI cette année. Comment résumerez-vous l’évolution du Reporting de durabilité au cours des deux dernières décennies et le rôle de GRI dans ce domaine?

La pratique de la divulgation de l’information sur la durabilité mène à une plus grande transparence. Et la transparence ouvre la voie à des décisions plus éclairées. Ceci est à la base d’une croissance économique inclusive et respectueuse de l’environnement. En tant que pionnier du reporting de développement durable, GRI a été à la tête de cet effort d’amélioration de la transparence des entreprises.

GRI a également fait évoluer, au fil des ans, son cadre de reporting pour qu’il traduise l’évolution de notre compréhension collective des enjeux de développement durable.

Par exemple, notre interprétation de la durabilité s’est élargie pour inclure des sujets qui affectent la viabilité à long terme du tissu socio-économique de notre monde, des sujets tels que les droits de l’homme et la lutte contre la corruption, pour n’en nommer que ceux-ci.

Au cours de cette période, les grandes entreprises ont également évolué pour se tenir responsables d’un faisceau de plus en plus large d’impacts. Au début, le processus de production de rapports sur la durabilité a débuté par des rapports détaillés sur les impacts occasionnés dans les quatre murs de l’entreprise. Au fur et à mesure, il s’est élargi pour inclure les impacts externes, notamment dans les chaînes de valeur, auprès des consommateurs et des communautés touchées par les activités commerciales. GRI a joué un rôle pionnier dans cette évolution.

Comment évaluez-vous l’impact de GRI depuis sa création il y a 20 ans?

Lorsque GRI a été crée en tant qu’organisation indépendante à but non lucratif, il a commencé avec seulement 12 employés. Nous employons maintenant un peu moins de 100 personnes. Cependant, notre impact est beaucoup plus grand puisqu’il touche des milliers d’organisations dans plus de 100 pays utilisant les standrads GRI. Ce sont donc des millions de parties prenantes qui en sont impactées indirectement dans le monde.

Grâce en grande partie au travail de GRI, des milliers d’organisations divulguent, en effet, des informations sur leurs impacts en matière de développement durable. Cela a généré d’innombrables avantages pour les entreprises, leurs parties prenantes, l’économie et la société mondiale. Depuis sa création, GRI a aidé plus de 7200 organisations à utiliser son cadre de reporting pour divulguer leurs impacts sur le développement durable et a formé plus de 30.000 professionnels à établir un processus de reporting de durabilité. En fait, l’enquête de KPMG sur le reporting d’entreprise montre que 74% des 250 plus grandes entreprises au monde utilisent le reporting de GRI. Beaucoup de ces entreprises ont des revenus plus élevés que le PIB de nations entières et des chaînes d’approvisionnement à travers le monde. Une fois que réunissez toutes les parties prenantes concernées, vous commencez à mieux saisir l’impact de GRI.

L’évolution des rapports de durabilité a été l’une des priorités de GRI depuis le début. Maintenant que GRI a développé et lancé les standards GRI (Sustainability Reporting Standards), quels seront les prochains domaines sur lesquels GRI se concentrera?

Cela fait déjà une année que nous avons lancé les nouveaux standards GRI et des entreprises pionnières les ont déjà mis à contribution dans leur processus reporting, un peu partout dans le monde. Nous avons tenu 28 événements de lancement de normes dans 25 pays, et rencontré près de 3 400 personnes au cours de la dernière année.

Les standards GRI représentent les meilleures pratiques mondiales en matière de reporting de durabilité. Comme je l’ai mentionné plus tôt, notre compréhension collective de la durabilité s’est développée au fil du temps pour inclure de plus en plus de sujets et de questions qui touchent notre société et notre économie mondiales.

Nous croyons que cette tendance se poursuivra et nécessitera une innovation continue dans les rapports de développement durable. Au GRI, nous sommes idéalement positionnés pour soutenir ce processus par le biais de nos standards et notre réseau multipartite.

À l’avenir, nous nous concentrerons sur l’amélioration de la qualité des rapports sur le développement durable. Nous travaillerons également à l’augmentation de la production de rapports dans les petites et moyennes entreprises et à la promotion de l’harmonisation du paysage du Reporting des entreprises.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ces domaines d’intérêt ? Comment, justement, GRI se concentrera-t-il sur l’amélioration de la qualité et l’adoption du Reporting?

Nous assistons actuellement à une transformation majeure de la présentation, de l’accès et de la consommation des données.

Mais nous voyons toujours de nombreuses organisations produire des rapports de durabilité riches en informations et peuvant aller jusqu’à 100 pages. Un Reporting similaire ne produira pas de changement à l’échelle souhaitée. Pour qu’ils soient plus percutants, les rapports doivent être concis, cohérents, comparables et actuels. La concision et la cohérence sont essentielles pour gérer et comprendre avec succès les informations et les données communiquées.

La comparabilité permet, par ailleurs, de s’assurer que les organisations sont en mesure de suivre et d’évaluer leurs impacts, puis de prendre des décisions qui amélioreront ces impacts au fil du temps. Et si les sujets et les informations rapportés ne sont pas à jour (NDLR: souvent à cause d’une incohérence méthodologique), les décisions qu’ils alimentent perdront leur pertinence.

Notre objectif à GRI est de nous assurer que les données de durabilité rapportées sont utiles à la décision, opportunes et pertinentes pour toutes les parties prenantes d’une entreprise.

À cette fin, nous effectuerons des recherches et nous engagerons avec divers intervenants sur différentes questions de durabilité, en particulier ceux qui n’ont pas encore été inclus dans les cadres de durabilité, afin de mieux comprendre leurs répercussions sur l’économie et la société.

Nous continuerons de collaborer avec les décideurs nationaux et internationaux afin de promouvoir une réglementation intelligente en matière de développement durable et d’encourager davantage de petites et moyennes entreprises à commencer à produire des rapports.

Nous collaborerons également avec les principaux organismes de reporting des entreprises afin de réduire les difficultés de déclaration et de divulgation des rapports en s’attaquant également à la confusion quant à la prolifération des référentiels. Ce ne sont, là, que quelques-unes des priorités pour la prochaine décennie de notre travail au GRI.


(*) Cette interview est parue sur le site officiel de GRI, le 04 octobre 2017. Nous l’avons traduite pour nos lecteurs francophones, notamment en Afrique, dans le cadre de nos initiatives à promouvoir les référentiels majeurs de durabilité.

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