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Une première au Maroc : BMCE BANK et OCP ont produit un reporting extra-financier-GRI (G4)

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Deux entreprises marocaines viennent de produire pour la première fois un rapport de développement durable selon la norme GRI (G4)[1]. Il s’agit de BMCE BANK et de OCP. Une pratique de nature à hisser le niveau d’exigences des entreprises marocaines en matière de reporting extra-financier. Les deux structures ont développé cette expertise au sein de leurs directions de développement durables respectives.

Quand on connaît un tant soit peu l’organisation «titanesque» de ce mastodonte qu’est OCP, produire un rapport selon lignes directrices G4 de la GRI relève tout simplement de la gageure. Les auteurs du rapport ont prudemment et consciencieusement relevé «qu’aucun engagement spécifique n’a eu lieu dans le cadre du processus de préparation de ce rapport». Les auteurs du rapport développement durable 2013 de OCP ont également précisé, dans une rubrique intitulée «à Propos de ce rapport», que ce dernier «représente le fruit de consultations internes et externes permettant de relever les défis majeurs qui sont à l’origine même des objectifs fixés et des projets entrepris par OCP dans le cadre de ses engagements en développement durable. L’apport des acteurs externes a été analysé à partir de sondages, entretiens et études réalisés par des instituts de recherche reconnus, et auprès d’un grand nombre de partenaires et communautés voisines» (P10).

Contrairement au rapport BMCE BANK, celui de OCP consacre ses premières pages à une rhétorique de faire valoir de ses actions sans s’attacher à matérialiser directement l’apport du groupe. Relever cela dans ce papier ne relève aucunement de la critique mais simplement d’une perspective de comparabilité entre les acteurs du secteur. BMCE BANK, en revanche, s’est attachée dès la page 4 à mesurer son impact sociétal.

Mais là où le rapport de BMCE BANK se positionne comme pionnier, c’est qu’il a pu, dès la page 10/11 à disséquer ses relations avec ses parties prenantes grâce à des cartographies processurales suffisamment explicites. Le commentaire suivant permet, en outre, de comprendre l’articulation d’identification, d’écoute et de dialogue avec les parties prenantes : «Dans un premier temps, ce processus d’écoute passe par l’identification des différents acteurs impactés par les activités de la banque afin de comprendre leurs attentes, à y répondre en adoptant la bonne communication et position à leur égard, contribuant ainsi à assurer la qualité et pérennité de ses relations avec ses parties prenantes».

En fait, nous sommes au cœur du dispositif d’un rapport de développement durable où la pierre angulaire consiste dans cette capacité à donner corps à ce processus d’identification des parties prenantes tout en matérialisant les étapes de dialogue avec elles. Pour un premier exercice, la BMCE BANK ont produit sur trois pages une vision synthétique et suffisamment explicite de leur processus. Le rapport de la banque tente, tant bien que mal, de reproduire le même esprit tout au long du rapport quand il s’agit de gouvernance, de relation client, d’inclusion financière…

A la page 100, le rapport OCP, pour sa part, produit un index des critères essentiels GRI où il précise les exigences de la GRI et les pages correspondantes en terme de contenu. Ce qui constitue un exercice de transparence salutaire pour OCP avec une mention honorable pour les informations communiquées totalement ou partiellement ou encore celles non communiquées.

La BMCE BANK, en revanche, a élaboré un tableau de concordance plus élaborée avec une corrélation à la fois entre le contenu, les exigences GRI, les chapitres ISO 26000 ainsi que la correspondance avec le PNUE (Déclaration des Institutions Financières sur l’Environnement et le Développement Durable, texte de mai 1997).

Gageons que ces deux belles locomotives que sont l’OCP et BMCE BANK induiront dans leur pratiques une dizaine (voire plus) d’entreprises marocaines qui produiront, elles aussi leurs premier reporting extra-financier pour 2014. Rendez-vous en décembre 2015 pour en juger.

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[1] La Global Reporting Initiative (GRI) est une structure internationale (représentant les multinationales, les sociétés d’audit, les organisations de protection des droits de l’homme, de l’environnement, du travail et des représentants de gouvernements) qui crée un cadre de travail commun pour l’élaboration des rapports développement durable. Créée en 1997, la GRI a publié une première version de ses lignes directrices en 1999 (G1). La version GRI actuellement en vigueur (depuis 2013) se nomme G4.

 

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